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Uchronie du Trône de Fer de George R.R. Martin. Venez incarner un riche Lord, un noble chevalier, un seigneur ruiné ou un roturier dans le Royaume des Sept Couronnes !

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298 - Lune 13 - Semaine 3 - Jour 4 - PORT REAL

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Invité
« Invité »

MessageSujet: 298 - Lune 13 - Semaine 3 - Jour 4 - PORT REAL 22.10.14 15:50

Bois-du-Roi
An 298
13ème lune
Semaine 3
4ème jour





Le chariot était immobilisé au milieu des arbres, et Ashara Arryn-Corbray, l’une des deux personnes qui l’occupaient, semblait mécontente. En fait, on aurait même pu dire qu'elle boudait, mais c'était une dame de la haute noblesse. Les dames de la haute noblesse ne "boudaient" pas, elles manifestaient leur déplaisir. Ce que faisait présentement lady Ashara. Face à elle, dans le chariot, se trouvait un jeune homme aux yeux vairons : Ades Overton, nouveau Grand Argentier du Royaume. A son côté, se trouvait la Noire-Épée, Lyonel Corbray, qui avait dédaigné le chariot pour caracoler sur son cheval. Quelques hommes de confiance les accompagnaient, stratégiquement postés à distance pour détecter les intrus à temps et pouvoir prévenir de leur arrivée.

Eddard Stark et Robert Baratheon étaient partis plus loin dans la forêt, dans le but avoué d'aller chasser, accompagnés par Jory Cassel et quelques gardes de confiance des Stark, ainsi que par ser Barristan Selmy.

On aurait pu penser que chasser en chariot était une idée stupide, mais quelle qu'ait été l'explication qu'on ait pu servir aux curieux, la chasse était bien la dernière raison de la présence de tout ce beau monde dans le même coin de forêt. Même si tous les participants à la réunion ne le savaient pas encore.

La voix du roi s'éleva sous la voûte des arbres alors qu'ils rejoignaient le petit groupe.

J'apprécie pas vraiment ce genre de manigance. Obligé de me cacher de mon propre royaume. Franchement Ned, on frise le ridicule là !

Je n'aime pas ça non plus et vous le savez parfaitement... Majesté. Mais ce que j'aime ou non est sans importance ici. Nous faisons tous notre devoir. Bon...

Je suppose....

Ned coula un regard prudent vers Robert.

... que nous sommes tous au courant... pour les enfants royaux ?

Ades Overton promena son regard d'un homme à l'autre et tenta de dissimuler son trouble.

Je crains que non, Lord Eddard. Nous ne sommes pas tous au courant.

Robert le coupa avant qu'il puisse poursuivre.

Ils ont de royaux que le nom. Ça me tire le bide rien que d'en parler. J'ai du mal à leur en vouloir, ce n'est pas leur faute. Mais je n'arrive plus à les regarder. Bordel Ned, on a failli avoir encore un consanguin sur le Trône !

Ades suivit le discours du Roi avec une incompréhension grandissante, plus par peur de comprendre que par réelle bêtise.

Je vous demande pardon ?

Le Roi crispa ses mains sur les rênes, faisant crisser le cuir.

Mon jeune ami, il y a de grandes souillures dans le royaume et la plus grande, je la trouve dans mon lit. Je partage ma couche avec une truie qui n'a d'autres passion que le vit fraternel.

Eddard s'avança, dans le but manifeste d'épargner au roi le supplice de raconter comment il avait été trompé. Pourtant, ayant assisté le matin même à la décapitation de sa belle-soeur, il avait tout autant de raisons que "le bide lui tire" que son ami le roi, mais cela, il n'y pensait même pas.

Je pense que vous avez compris, lord Overton... Le roi n'a malheureusement pas d'enfant légitime. Les enfants princiers sont le fruit d'un inceste de Cersei avec le Régicide.

Ashara prit la parole.

Si, il a un enfant légitime !

Mais ce n'était pas là ce qui marqua le plus le Grand Argentier, choqué par la trahison de la reine. Les yeux vairons s'écarquillèrent de surprise, ce qui était assez rare pour être noté. Après avoir cherché un moment le regard d'Ashara pour confirmer, il déglutit.

Je vois. C'est une... infamie...

Oui, j'ai failli vomir aussi, Ades. A vrai dire, je ne voulais pas y croire. Je pense que le sort de la pute royale ne fera pas un pli.

Aucun d'entre nous ne le voulait. C'est tellement.... énorme. Quant à Cersei... elle aura un procès, et une décision sera rendue, voilà tout.

Robert se tourna vers lady Arryn, la foudroyant du regard.

Je suis le seul à traiter la reine des titres qui lui conviennent ! Moi seul m'en accorde le plaisir, car c'est un des rares qui me reste. Surveillez votre langage.

Si je n'avais pas été là vous ne le sauriez pas, je fais ce que je veux. Déjà que je ne peux pas chasser sur décision de mon trèèèèèès cher époux !

ASHARA ! la reprit lord Corbray.

Je t'aime, mais quand même... marmonna Ashara, dont la voix fut couverte par celle de Robert. Elle se renfrogna, mais se dé-renfrogna aussitôt qu'elle eut entendu les paroles du roi.

Et surtout, surtout, je ne veux plus jamais entendre parler de procès dans tout mon foutu règne. En tout cas pas pour une telle trahison. Elle m'a baisée en secret, elle crève dans le feutré !

Elle crève comme ce qu'elle est, murmura Ashara.

Eddard plissa les yeux et son regard se durcit.

Vous tueriez une femme sans procès ? Nous savons tous qu'elle est coupable aux yeux des hommes et des dieux. La justice du roi doit être rendue en plein jour. Le crime exposé aux yeux de tous. La sentence décidée avec équité, pour que sa légitimité soit incontestable.

Après avoir suivi calmement la conversation en silence pendant quelques temps, Ades reprit la parole.

Je me dois d’approuver Lord Stark, faites-la disparaître discrêtement et les Lannister en feront une martyre. Punissez-la devant les dieux et personne ne trouvera rien à redire à cette sentence. Quel est cet enfant légitime auquel vous faites allusion ?

Durran, le premier fils de Cersei et Robert, sauvé par Lord Jon des griffes de la Reine et envoyée à Hautjardin avec Ser Raymar. Lord Eddard, sur le principe je suis d'accord, sur la mise en œuvre, faire un procès nous exposerait à représailles et complots, nous n'avons pas le temps ni le loisir de jouer avec cela.

Les représailles et les complots, nous les subissons que nous fassions un procès ou pas. Mais comme le dit lord Overton, tuer Cersei autrement qu'un terme d'un procès en ferait un martyre. C'est plus qu'elle n'en mérite. Et la justice du Roi mérite plus qu'une vengeance de petit seigneur du crime des bas-fonds de Culpucier.

Pour qu'elle soit martyre, il faut des gens pour scander son nom. Pas de Lannister, pas de problème.

Le Roi était devenue écarlate. Il subissait plus ceci qu'il ne le maitrisait. Les paroles de chacun l'étourdissaient, et il finit par exploser. "Notre est la fureur" n'était pas sa devise pour rien.

Vous me feriez un royal honneur de vous calmez quelque instants ou promis, amis ou pas, je vous bourre le pif avec une bonne main gantée de métal ! Est-ce votre Roi s'est bien fait comprendre?

Bien sûr, votre Majesté.

Parfaitement, Votre Majesté, répondit Eddard d'un ton froid. Quelle est votre décision ?

Je préfère. Si nous ne pouvons même pas mener la moindre discussion sans que cela vire à la foire d'idées, comment allons nous nous entendre et nous en sortir !

Un long silence s'installa. Le roi était rouge écarlate, et semblait sur le point d'étouffer de rage. Un moment s'écoula où tous restèrent silencieux, le roi parce qu'il semblait plongé dans ses réflexions, les autres parce qu'ils n'osaient pas. Ashara promenait sur ses compagnons un regard sévère. Elle était bien décidée à ce que cette affaire soit réglée vite et bien, sans quoi, ils allaient tous mourir, et elle n'avait pas l'intention de les accompagner. Finalement, Eddard reprit la parole, avec prudence.

Pour que le plan suggéré par lady Arryn fonctionne, il faudrait éradiquer la maison Lannister. Enfants compris. Leur faire subir le même sort que lord Tywin fit jadis subir aux Reyne de Castamere. Je ne peux pas croire que quiconque ici l'envisage sérieusement...

Je l'envisage très sérieusement. Je dirais même que je ne vois aucune autre solution. Même si je ne parle pour ma part que de la branche ainée et pas nécessairement de tous.

Eddard eut un sourire ironique. Encore heureux. La moitié des habitants des Terres de l'Ouest avaient un lien de parenté fut-il lointain avec les Lannister. Et une minorité non négligeable dans d'autres régions des Sept Couronnes.


Et Joffrey ? Myrcella ? Le petit Tommen ? Font-ils partie de la "branche aînée" ? Ils ne sont pour rien dans les crimes de leurs parents !

Joffrey est en âge de réclamer le trône, nous n'avons pas d'autre choix que de le faire taire et d'ainsi faire un exemple pour tous ceux qui auraient des velléités de faire de même. Myrcella et Tommen en revanche, sont effectivement des enfants, je pense qu'ils n'est pas nécessaire de les tuer.

Eddard fit la grimace. Il n'avait aucune sympathie pour Joffrey, mais tuer des enfants le révoltait manifestement. Sa voix s'éleva et ses yeux lancèrent des éclairs.

Le règne de Robert a commencé avec la mort des enfants Targaryen, quand bien même il n'y eut aucune part. Voulez-vous rajouter à cette souillure le sang d'enfants Lannister ?

De quels enfants parlez-vous ?

Joffrey. Quel âge a-t-il ?

12 ans, bientôt 13. Il sera très bientôt un homme.

Personne n'est un homme à douze ans.

C'est pourtant l'âge auquel je suis devenue femme... et intendante du Val. Je crains que nous nous engagions sur la mauvaise pente en faisant preuve de pitié, pensez vous un seul instant que la Reine ou encore Tywin feront preuve de la moindre pitié s'ils savaient ce que nous savons ? Vous évoquiez les pluies de Castamere tout à l'heure. Je ne compte pas finir comme les Reyne, libre à vous de choisir une stratégie qui nous expose, mais dans ce cas, ne comptez pas sur moi.

Votre Majesté ? Que dites-vous ?

Eddard lança un regard suppliant au roi.

Pitié, Sire, prenez la bonne décision, pensa-t-il aussi fort que possible.

Excusez-moi, vous me demandez enfin mon foutu avis ? Après vous avoir demandé de vous calmer pour pouvoir en placer une comme il sied ? Réellement, je doute que vous ayez besoin de moi. J'ai la très nette impression que vous aimez tous vous écouter parler et que vous vous servez juste de ma position et non de ma personne pour arriver à vos fins. Tous !

La Main du Roi jeta un regard d'avertissement à Ashara. Il connaissait son ami, et, dans ces moments, il fallait éviter l'affrontement frontal. Or, générer l'affrontement était précisément un domaine dans lequel elle excellait.

Votre Majesté. C'est à vous de trancher.

Ashara jeta un regard noir à Ned, puis sourit, et reporta son attention sur le roi.

J'aimerais écouter ce qu'à en tête mon jeune Argentier. Du sang neuf et des idées neuves ne peuvent que nous apporter une lumière nouvelle.

Ashara darda un regard mauvais sur Ades, même si elle était bien consciente que c'était inutile.

Le jeune homme était resté sagement silencieux depuis quelques temps, suivant la discussion de ses calmes yeux vairons. Il releva les yeux sur Robert Baratheon quand celui-ci l'interpella directement.

C'est une situation risquée, vous ne pouvez vous permettre de ne faire que blesser la maison Lannister. Cependant, si la maison est en ruine et que Joffrey est devenu Joffrey Waters, il n'aurait guère plus d'occasion de clamer le trône pour sien. Joffrey est presque un homme, oui. C'est assez vieux pour prendre le noir, diraient certains.

Lyonel intervint.

Je dois dire que je n'aime pas l'idée de tuer des enfants non plus, mais nous avons eu l'occasion d'en discuter depuis un bon moment et mon épouse a raison, laisser un héritier en vie, aussi illégitime soit-il pourrait s'avérer très préjudiciable à court comme à long terme. L'histoire nous en donne de nombreux exemples, les Feunoyr entre autres.

Eddard avait approuvé de la tête aux propos d'Ades, et il renchérit.

Jon Snow a presque l'âge de Joffrey, et il a pris le noir. C'est un grand honneur que de garder le Mur pour protéger les royaumes humains. Quand aux Feunoyr, ils s'appuyaient sur un gage d'estime du monarque, Noire Soeur. Joffrey n'aurait rien de tel pour faire valoir son droit.

Joffrey n'est pas Jon, j'ai eut l'occasion de croiser les deux et croyez moi, ils ne sont pas faits du même bois. De plus, Tywin n'est pas vous... Il a l'armée de l'Ouest, et son or... c'est largement suffisant pour faire valoir son droit.

La Main du Roi se mura dans le silence, attendant la décision de Robert. Il estimait avoir dit ce qu'il avait à dire, et qui plus est, le roi le connaissait assez bien pour avoir saisi son opinion. Robert savoura le calme enfin revenu, alors que la conversation s'éteignait. Il semblait que chacun avait dit ce qu'il avait à dire. Ashara trépignait toujours, Lyonel était beaucoup plus calme, mais il gardait un œil sur sa femme qui semblait ne pas être de très bonne humeur.

S'ils nous entendent, ils doivent bien se foutre de notre gueules. Vous vous rendez compte qu'on est là à piailler comme de jeunes pucelles effarouchées !

Ne m'insultez pas, Robert ! sourit Ashara.

Les Lannisters sont une épine de plus dans mon Trône déjà fort inconfortable. De là à éradiquer une maison comme celle-là en entier... Il faut d'abord savoir qui sont ses alliés.

En tout cas pas ceux qui font actuellement brûler Port-Lannis.

Excusez-moi de ne point rire là. Je suis excédé, véritablement excédé, et à bout !

Oui, et moi je suis enceinte et pourtant je risque ma vie.

Ashara ! gronda Lyonel.

Pardon.

Ades intervint.

Eh bien... Si la cible est Lannister, à défaut d'alliés, vous trouverez des compagnons motivés à Dorne. Nos alliés théoriques sont le Nord, le Val, la Couronne, l'Orage, Dorne et le Bief.

Alors oui, Joffrey pourrait prendre le noir. Même s'il n'est pas de mon foutre, j'ai du mal à voir sa tête orner les murs du Donjon. Mais on sait que ce gamin est une teigne. Quant à Myrcella et Tommen, même combat : soit nous les punissons tous du même châtiment, soit aucun. Et voir ma douce princesse périr m'est impossible. Je ne veux pas d’une guerre qui laisserait le Royaume exsangue. Nous n'avons pas les reins pour en supporter une. C'est pour ça que je demande, qui sont les alliés des Lannisters maintenant?"

C’est pour ça que je vous dis qu’en théorie, ils n’en ont pas. Et nous avions un plan pour éviter une guerre directe, si je ne m’abuse.

Oui, nous avions un plan. Il faut juger maintenant de sa viabilité. Surtout au vu des nouveaux éléments. A quelque chose, malheur est bon. Il nous faut en profiter.

Oui, c’est plutôt une aubaine, si l’on peut dire. Mais pas une raison pour ne pas éradiquer les Fers-Nés une fois que tout ceci sera réglé.

Chaque chose en son temps. Mais oui, il faudra faire payer les Fer-Nés. Même si pour l'instant, j'ai surtout envie de les embrasser. Pour reprendre dans l'ordre. Au sujet des bâtards royaux, seul un lion tue les petits de sa lionne pour mettre les siens. Je ne suis pas un lion et je ne jouerai jamais leur jeu ! J’ai foutrement plus d’honneur que ces fils de catin !

Ashara soupira ostensiblement, tandis qu’Eddard inclinait la tête avec un sourire approbateur.

Sire.

Bien, Sire. Si Joffrey choisit courageusement de prendre le noir, alors son frère et sa sœur pourraient être envoyés comme pupille à de Grandes ou Petites Maisons, pour assurer leur sécurité.

Oui, j'ai cru entendre que Myrielle allait épouser un Martell, Myrcella pourrait devenir sa suivante, par exemple.

Et s'il est vrai que j'ai un ainé, un vrai de mon sang, en vie... je veux le voir. C'est mon fils. Je veux le regarder dans les yeux et l'embrasser !

Vous en aurez l'occasion votre Majesté, il faut juste que nous le retrouvions, il était sur Essos aux dernières nouvelles, j'espère qu'il n'a pas eu affaire à Drogo.

C'est une affaire de la plus haute importance. Retrouvez-le !

J’ai envoyé mon plus fidèle espion à sa recherche, Votre Majesté.

Robert opina du chef.

Sinon, Tywin est-il au courant des coucheries de sa progéniture ?

Aucune idée.

A la limite, peu importe. Nous connaissons Tywin. Il ne laissera pas ses petits-enfants être écartés du trône sans réagir. Bon, nous ne pouvons voir cette conversation s'éterniser sans risquer d'éveiller les soupçons. Vous parliez d'un plan pour éviter la guerre directe, lady Arryn ?

Je suis d’accord avec lord Eddard concernant la réaction de Tywin.

J'ai la foutue impression de n'avoir aucun poids sur vous et cela me gêne grandement. Je suis sûr que quoique je décide, vous agirez à votre guise. J'espère que c'est juste une impression, vraiment.

Moi ?

Vous tous.

C’est vous le Roi. Nous ne faisons que vous conseiller.

Au moins mes actions n'auront guère d'importance, même si je fais à ma guise.

Le jeune homme tenta un sourire détendu avant de se faire plus sombre.

Difficile de croire que Lord Tywin aurait laissé faire ses enfants s'il était au courant.

Cela me désole. C'est un homme intelligent.

Eddard fronça les sourcils. Tywin était intelligent, certes, mais il était aussi sournois, intrigant, opportuniste, et dénué d'honneur.

Je l’aurais respecté s’il n’était pas si sournois.

Je le respecte toujours. C’est pour cela qu’il doit mourir.

Le Roi avait envie de s'enfuir. Cavaler, chasser à n'en plus finir, sentir sa bête sous lui et le bruit des sabots de son destrier au galop. Il aurait aimé ne jamais être ce foutu Roi.

Profitons donc de la chute de Port-Lannis. Les Sept m'en soient témoins, je rêve d'enfoncer mon marteau dans la si précieuse face de Jaime ! Mais nous devons jouer un tout autre jeu.

Tywin devrait quitter Port-Real dans les plus brefs délais, promettons lui de soulever des troupes pour lui venir en aide. Envoyons Jaime au Mur comme prévu, pour lui tendre une embuscade et le faire prisonnier pendant que vous lèverez le ban.

Nous parlons là de prendre Tywin en tenailles. Coincé entre les murs de sa citadelle et notre armée ?

Oui.

Comment comptez-vous faire envoyer Ser Jaime au Mur ?

Il me semble que Robb a envoyé des missives demandant de l’aide. La Couronne pourrait faire un geste.

Le souci étant, pourquoi envoyer un manteau blanc conduire des hommes au Mur ? Ce n'est pas là sa charge.

Si c'était une mission temporaire, il serait logique d'envoyer la meilleure lame du Royaume.

Il y avait selon Ned un autre élément qui rendait la stratégie encore plus crédible : le mépris notoire qu’avait Robert pour celui qu’il se plaisait à ne jamais mentionner que sous le nom de « Régicide ». L’envoyer au Mur, même temporairement, au lieu de défendre les Terres de l’Ouest, serait vu comme une nouvelle brimade, rien qui puisse sortir de l’ordinaire. Et comme un message, peut-être : à ce niveau, Eddard Stark et Barristan Selmy étaient du même avis : après ce qu’il avait fait au roi qu’il était censé protéger, Jaime serait bien plus seyant dans un manteau noir, que dans un manteau blanc. L’envoyer au Mur était tout à fait dans le style de ce qu’on pouvait attendre comme brimade.

Et ce serait également une preuve de bonne volonté du Roi.

Ca se tient. Très bien. Problème réglé, donc.

Il risque de mal prendre que nous ne l’envoyions pas aider son père. Parce qu’à la base, l’idée était de le faire redescendre une fois la nouvelle des attaques dans l’Ouest transmise. L’envoyer avec la première partie du ban ? Celle qui se dirige vers le Mur ?

Elle laissa l’idée en suspens, et le Roi s’en saisit au vol.

Nous l'enverrons avec des « prisonniers », qui seront aussi des hommes à nous prêts à prendre les armes au signal et nous débarrasser de cette merde !

Très bien.

Sa putain de sœur. Je veux la voir humiliée, plus basse que terre. Je veux qu'elle n'ait plus rien, qu'elle ne soit plus qu'un sombre étron. Si elle n'a eu que des enfants de son frère et non de moi, elle a dû s'y prendre d'une certaine manière. Et cela frise l'assassinat royal !

En même temps, je vous l’ai dit, je suis surprise que vous soyez toujours en vie.

Oui, moi aussi, au vu de tout ceci.

Robert avait raison. On ne pouvait espérer conserver un tel secret éternellement, et Cersei et Jaime devaient bien savoir comment le Roi réagirait en apprenant la nouvelle. Il n’y avait qu’une seule manière de régler ce problème, et Jaime n’avait pas été surnommé « Régicide » pour rien. Ils avaient dû réfléchir à la question, d’une manière ou d’une autre.

Elle attendait peut-être que Joffrey soit en âge de gouverner. Ou peut-être se croit-elle à l'abri, mais je la soupçonne tout de même d'avoir appris pour les recherches de Lord Jon sur ses enfants et d'avoir mouillé le Grand Mestre Pycelle pour s'assurer qu'il ne s'en sorte pas.

Mais pitié, j'en ai ma dose des procès. J'en viendrais presque à comprendre Aerys le Fol.

Lord Stark fit la grimace comme s’il venait d’avaler une potion au goût détestable. Comprendre Aerys le Fol ? Même s’il savait bien que son compagnon d’enfance ne pensait pas vraiment ce qu’il disait, c’était typiquement le genre de phrase susceptible de le mettre de très mauvaise humeur. Mais il prit sur lui pour s’intéresser à un problème plus concret.

Concernant les prisonniers.... Ne vaudrait-il pas mieux mettre des hommes de confiance dans son armée ? Il est plus facile de cacher des hommes en armes dans une armée que parmi des prisonniers.

Certes.

Très bien, nous entourerons Jaime d'amis. Nous enverrons une armée aider les Lannister. Juste sur les traces de Tywin, avec pour ordre de les prendre au pied de leur ville… Quoi d'autre, bordel, quoi d'autre ? J'ai comme une foutue impression de bancalitude dans nos projets.

Il y eut un bref silence avant que deux des conseillers du Roi ne pointent quelques points délicats.

Avant que la nouvelle ne parvienne à Port-Réal, il faudra peut-être consigner les enfants de la reine quelque part, autant pour les éloigner que pour les protéger.

Et si Tywin se doute de quelque chose et décide de frapper à Port-Réal au lieu de partir ? Que faisons-nous ?

Tywin risque de partir la queue entre les jambes pour aider son fief. S'il décide de nous frapper avec ses 200 hommes, nous n'avons qu'à nous tenir prêts.

Quelle raison aurait-il d'imaginer une chose pareille ? L'Ouest est attaqué, il est normal que l'on envoie une armée pour aider les Lannister.

N’empêche qu’il faudra enfermer Cersei et l’empêcher de comploter.

Robert acquiesça.

Cette femme est la plus dangereuse de toutes. Et son… arme principale, lui offre toutes sortes d’opportunités. Bon sang. J’en viens à vouloir le con, à cette catin. Enfin bon. Dès son père parti, nous enfermerons les Lannister et les Hill de Port-Lannis. En attendant, appelons un de mes frères avec un contingent d'hommes pour nous venir en aide.

Ades se racla discrètement la gorge.

Lord Stannis a quitté la Capitale au moment où Lord Arryn est mort. J'ignore s'il y a un lien mais les Lannister pourraient voir d'un mauvais œil son retour ou l'envoi de troupes à lui depuis Peyredragon.

Il y a un lien, Lord Stannis savait. Cela dit, vu les circonstances, il est normal que le Roi appelle sa flotte.

En effet. Quel que soit le sort réservé aux Lannister, le problème des Fers-Nés devait être traité. Et sur mer.

Les Fers-Nés qui attaquent le Royaume…. L’histoire se répète. Seuls les otages changent. Pauvre Theon. Robb Stark détesterait devoir prendre sa tête, s’il s’avère que le vieux Balon est impliqué.

Le roi s’assombrit en entendant les paroles d’Ashara.

Si mon frère savait, pourquoi ne me l'a-t-il pas dit ? Bordel, pourquoi ?

Il ne voulait pas finir comme Jon, suggéra Ashara.

Alors c’est un couard et cela m’étonne de lui.

Il attendait probablement l'occasion de vous le dire. Peut-être aussi ne s'attendait-il pas à recevoir l'accueil que j'ai reçu… Je dois vous dire que moi-même j'ai longtemps hésité à vous le dire.

Ned sourit dans sa barbe. Le Roi était connu pour ses effroyables colères. Il n’était pas étonnant, dans ces conditions, que ceux au courant aient hésité à lui annoncer qu’il portait des cornes. Demander l’honnêteté absolue passait par savoir garder son calme. Cela dit, il avait une autre idée quant aux raisons du silence de Stannis.

Et puis, il a sans doute supposé que vous ne voudriez pas l'entendre, venant de lui. Après tout, il ne connaissait pas forcément l'existence de Durran, et l'absence d'héritiers légitimes faisait de lui le futur roi. Il a peut-être cru que vous le soupçonneriez de mensonge. Il est de notoriété publique que Stannis et vous n'êtes pas en bons termes. Avec tout le respect que je vous dois, sire.


Robert se tourna vers lui, l’air égaré.

J’ai l’impression de me noyer, souffla-t-il.

Il a besoin du bon vieux Ned son ami d’enfance, et pas de Lord Stark la loyale Main du Roi. Cela viendra bientôt, mon vieil ami. Je te le promets. Mais le devoir passe avant. Le devoir passe toujours avant.

Le fait est en tout cas qu'un retour annoncé de Stannis risque de faire paniquer Cersei.

Je suis d'accord avec lord Overton. Cela dit, il serait logique que Stannis rassemble la flotte. D'autant que tôt ou tard, il nous faudra nous occuper des Fers-Nés.... Prenons les problèmes un à un. Nous envoyons Jaime vers le Nord où il est capturé et détenu comme otage. Après quoi, nous capturons Tywin grâce à des troupes envoyées sur ses talons. Pendant ce temps, nous mettons en sûreté Cersei et les enfants, en attendant le procès. C'est bien cela ? Bien. Que fait-on si les Fers-Nés sont partis et que Tywin peut se réfugier dans Port-Lannis ? Ces gens sont des pillards, pas des conquérants ou des occupants. Ils seront peut-être déjà repartis lorsque le ban de l'Ouest arrivera... Pouvons-nous mener un siège ?

C’est là la faiblesse de ce plan.

On l'assiège jusqu'à ce que mort s'ensuive. Ou on lui propose la tête de son fils, de sa fille et de son petit-fils en échange de sa reddition. Nous aurons peut-être aussi son dernier héritier...

Eddard émit un vague grognement. Il avait pensé comme cela au temps du Roi Fou, lui aussi. Mais une Main du Roi et un Lord ne pensaient pas de la même façon. Un siège prolongé coûterait cher au Royaume à un moment où on commençait tout juste à voir comment régler le problème de la Banque de Fer. Si les mines d’or de l’Ouest revenaient au Royaume, cela dit… Dans toute guerre, les perdants contribuaient à la richesse des gagnants, et, dans le cas présent, Eddard savait déjà quoi faire de cette richesse. Mais d’ici là, un siège était une mauvaise idée : c’était un processus long et coûteux par nature. Peut-être pourraient-ils emmener une force de cavalerie valable avec eux. Pour devancer les Lannister, prendre position entre eux et la ville, le temps que le gros de l’armée arrive. Au risque d’être eux-mêmes pris à revers en cas de sortie de la garnison de Port-Lannis, mais combien de temps faudrait-il pour réorganiser une garnison ? Ses réflexions furent interrompues par le Roi.

Mais dans tout ce bordel, on risque de se mettre d'autres Maisons à dos. Des Maisons qui ne verraient pas d'un très bon œil que je m'en prenne ainsi à un de mes vassaux, aussi perfide soit-il.

D'où l'intérêt d'un procès.

Ashara acquiesça.

Le procès de Cersei éclairera les choses, et vos autres vassaux seront ravis de se servir sur le cadavre du lion.

Là, Ashara marquait un point. Entre l’amitié discutable que d’autres nobles pouvaient vouer à Lord Lannister, et quelques riches moulins ou villages, la question ne se poserait pas longtemps.

Oui, je suis d'accord avec lady Arryn. Sans compter que ce sera apprécié des Dorniens ainsi que des citoyens de Port-Réal, qui n'ont aucune maison d'apprécier lord Tywin. Sa personnalité ne lui a pas valu que des amis.

C’était un doux euphémisme. Tywin Lannister avait certes considérablement amélioré le statut social de sa Maison, mais en escaladant les cadavres des Reyne, des Tarbeck, des citoyens de Port-Réal, des enfants Targaryen, d’Elia Martell…. Il n’était probablement pas l’homme le plus populaire du Royaume, loin s’en fallait. Et ce n’était que justice.

Personne n'a intérêt à se rallier à lui. Le Nord, le Conflans, les Terres de la Couronne, le Val, sont avec vous. Dorne sera contre Tywin, ce qui, en l'occurrence, revient en même. Le Bief ne se ralliera jamais aux lions en sachant être les seuls à le faire. Tywin n'a aucune chance, une fois sorti de Port-Réal.

“Une fois sorti de Port-Réal”, c’était bien cela le problème. Mais à mesure qu’il parlait, le regard d'Eddard s'éclairait. Cela, ce n'était pas des complots ou des intrigues de couloir, mais de la stratégie militaire, et il était en terrain connu, et apprécié.

C’est aussi mon avis. Attention en revanche au Conflans, le procès de Lysa et la mainmise des Fer-Nés sur Port-Lannis pourrait les amener à voir les choses différemment. Et les Tyrell voudront une contrepartie.


A ces mots, Ades et Eddard protestèrent de concert.

Pourquoi leur accorder une contrepartie ? La guerre sera remportée sans eux.

Une contrepartie ? Pour faire leur devoir ? Aucun de nous n'a demandé de "contrepartie" pour honorer son serment. Pourquoi devraient-ils en recevoir une ?

Parce qu'ils ont l'armée la plus puissante des Sept Couronnes, Lord Eddard… S'ils passent à 'l’ennemi, ils changent la donne.

Robert eut un sourire cynique, du genre qu’Eddard ne lui avait jamais vu auparavant, avant de se tourner vers les deux Nordiens.

Je vous comprends, mais cela me faire sourire de vous voir imaginer un monde dans lequel tout le monde regarde dans le même sens. Je suis peut-être aigri par l'âge. Et j'en ai assez. Finissons cela au plus vite. Je veux pouvoir dormir sans avoir peur de ne plus me réveiller. Et surtout, j'ai une de ces envies de boire. Jamais pensé que ce serait aussi dur !

Eddard préféra ignorer la fin de la tirade du Roi.

Le Conflans sera avec nous, la culpabilité de Lysa Arryn est par trop évidente. Quant au Bief, ils ont plus à gagner en combattant de notre côté que de l'autre. Evidemment, les seigneurs loyaux sont toujours récompensés des terres des félons, mais je n'aime pas l'idée de leur permettre de monnayer leur allégeance. En l’occurrence, ils regarderont dans le même sens que nous.

Lady Arryn hocha la tête à l’intention du Roi.

Tout le monde ne regardera peut-être pas dans le même sens, mais tout le monde comprendra qu'il peut tirer son épingle du jeu en menant cette guerre à vos côtés.

Justement, je ne veux pas de guerre ! Je veux une solution rapide et pas trop coûteuse en hommes.

Là aussi, Robert a changé. Mais ça, c’est un changement bienvenu. Il pense avec sa tête et plus avec son marteau comme dans le temps.

Disons cette bataille, alors. A cent contre un, nous devrions nous en sortir sans trop de dommages.

Le rapport de forces semblait beaucoup trop optimiste à Eddard, mais il estimait tout de même que lady Arryn avait raison sur le fond. Ce qui, en cet instant, le dérangeait vraiment, c’était la notion de « contrepartie ». C’était typiquement pour cette raison que la loi, écrite ou non, devait toujours être appliquée sans la moindre exception. La moindre défaillance ouvrait une brèche dans laquelle n’importe quoi pouvait s’engouffrer. C’était exactement comme un mur de boucliers : parfois, une simple faille signait le début du désastre. Si l’on commençait à négocier l’allégeance des Grandes Maisons, on allait rapidement arriver sur une pente glissante où il faudrait négocier avec les vassaux avant qu’ils honorent leur serment. Il fixa le vide devant lui, l’air sombre.

Je n’aime pas du tout l’idée de monnayer l’allégeance des Tyrell. Quel genre de contrepartie envisagez-vous ?

Ce que tout le monde veut : une place de choix à la Cour.

C’est bien la dernière chose que je voulais. Je doute que ce soit ce que désirent les Dorniens. En réalité, savoir ce que les gens veulent est plus difficile qu’on ne voudrait bien le croire.

La main de ce Durran Baratheon serait le genre de contrepartie qui plairait à tout seigneur suzerain.

Ades dit vrai, mais il n’en a qu’une. Enfin… vous comprenez ce que je veux dire. Une place au Conseil Restreint peut compenser.

Ces places ne sont pas illimitées mais l'on pourrait trouver un nouveau "Maître de quelque chose" à accoler à son nom.

Il y a aussi une place dans la Garde Royale, je crois.

Oh, excellente idée. On dit que ser Garlan et ser Loras sont d’excellents bretteurs.

Ser Garlan est marié, je crois.

Ned garda le silence, déprimé. Ainsi, c’était ainsi qu’allaient les choses, dans le Sud. Il avait une envie furieuse de fuir dans les froides terres qui constituaient la demeure ancestrale de sa famille, de se recueillir sous l’arbre-cœur de Winterfell. Peut-être même aller jusqu’au Mur. Y monter la garde, et oublier qu’il avait un jour été Main du Roi. Lequel Roi suivait le même cheminement de pensée, quoiqu’en l’exprimant différemment.

Je suis déjà entouré de maîtres des pompeurs et autres maîtres des emmerdeurs, ça leur conviendra ?

Bon, je pense que ce que Robert cherche à nous faire entendre c'est que nous verrons après pour récompenser les vassaux, en attendant, il faut gagner.

Et une place de Reine, aussi, non? A moins que vous me voyez seul jusqu'à la fin de ma vie ?

Oui... Une Reine, ce serait parfait. Une Reine, et une future Reine. Et puis avec le procès de Cersei ils y regarderont à deux fois avant de vous envoyer une catin.

Robert plissa les yeux à l’attention de Lord Corbray.

Dommage, soupira-t-il. Puis il se rabroua, pendant que Lord Corbray touchait du bout des doigts la garde de son épée en rendant son regard à Robert. Bien. C’est entendu ! Alors chacun sait ce qu’il a à faire ?

Tous acquiescèrent, mais le Grand Argentier semblait perplexe.

Eh bien... Je suppose oui. Puis-je savoir pourquoi j'ai été convié ? Non que je n'en sois pas honoré mais je ne pense pas vous êtes d'une grande aide... Ou voulez-vous que je m'assure que nos manteaux d'or soient bien préparés et sachent où doit aller leur loyauté ?

Robert sourit à la cantonade, comme s’il venait d’entendre une bonne blague, et fit un clin d’œil à Lord Corbray. Eddard, lui, ne sourit pas. C’était nécessaire, il le savait, mais cela ne l’en répugnait pas moins.

Ah oui, très bonne idée, Ades.

Oui, il faut s’assurer de la loyauté de nos gardes ! Assurez-vous de cela. Que nos gardes et miliciens ne soient pas à la botte des Lions.

Lord Grand Argentier… Ce titre vous va si bien, ricana Ashara avec un regard complice au jeune Lord. Mais comment être sûr que les Lannister ne paieront pas plus ?

Le jeune homme fronça visiblement le sourcil en observant Ashara, puis son œil blanc s'étrécit alors que la lumière se faisait quelques part dans les tréfonds de son cerveau.

L'argent seul ne peut pas tout payer. Je vais placer des hommes de confiance à la tête des régiments.

Cela risquerait d’alarmer Cersei, Eddard en était conscient, mais en même temps, cela lui limerait considérablement les griffes.

J’en ai à vous fournir, si vous voulez. En revanche messieurs, je vais devoir vous laisser et rentrer chez moi avant que tout déplacement me soit interdit.

Le Roi hocha la tête.

Ned, je te fais confiance. Si tu juges que c'est viable, on laisse nos amis faire ainsi.

Ned ne répondit que par une profonde inclinaison de la tête, qui pouvait indifféremment vouloir dire « D’accord, on fait comme ça », « Je suis profondément honoré de votre confiance, mon Roi » ou encore « Il est grand temps que je fasse nettoyer mes bottes », encore que la troisième option fût moins probable.

Ades se tourna vers Ashara.

Avant cela, Lady Arryn, j'aimerais discuter avec vous rapidement de ce qui concerne Lord Baelish, et ses possessions.

Oui, je parlais simplement de quitter Port-Real d'ici quelques jours, Ades.

Je comprends, c’est tout naturel.

Il se tourna vers le Roi.

Petyr Baelish ayant disparu alors qu'il est suspect dans une affaire sordide, ses propriété des Doigts reviennent à son Lord Suzerain qui en disposera comme il l'entend, n'est-ce pas ?

Bien évid… pardon, s’interrompit Ashara qui baissant les yeux en voyant le regard que lui jetait le Roi.

Bien évidemment.

Il avait cependant d'autres possessions, notamment à Port-Réal... J'ai dû m'y rendre pour récupérer des livres de compte qu'il avait dissimulé là-bas et j'en ai profité pour jeter un œil au livre de compte des "Douces Louves de Minuit"... Ce pourrait être un bon investissement. Pour l'heure, avec la disparition de Baelish, ils sont réquisitionnés par le Grand Argentier mais j'ai... un projet, éventuellement, pour eux.

Ashara se tourna brusquement vers Ades.

Exposez, mais rapidement. Nous ne pouvons plus tarder sans risquer de faire jaser. A moins que cela puisse attendre ?

Tout dépend si nous ramenons du gibier ou non…

Cela ne demande que votre approbation, et l'aval de Lady Arryn. Je compte les acheter pour une bouchée de pain, leur propriétaire étant absent. Je pourrais ensuite détourner la majeure partie des recettes pour les reverser dans la trésorerie du Royaume. Ainsi, je peux combler une partie des caisses, sans pour autant que l'on murmure partout que le Trône de Fer se nourrit sur les cadavres de geais et les prostituées.

Tu te rends compte que tu parles là un verbiage que je ne comprends pas. Si tu penses que cela fait rentrer de l'argent, fais entrer. Je m'en contrefous que cela jase.

Ashara intervint.

J'aime l'idée, je vous les laisse, cadeau du Val à la Couronne et à Lord Ades pour sa nomination.

Le jeune homme inclina poliment la tête.

Je vous remercie, ma Lady. Et vous, Sire. Je ferai ce qu’il faut.

Eddard eut un sourire approbateur. Tout l’esprit du Nord était résumé dans cette simple phrase : « Je ferai ce qu’il faut ». C’était un bon arrangement : Ades s’enrichirait considérablement, mais il n’était pas choqué que le jeune homme cherche aussi son propre intérêt dans l’affaire. Bien servir son Roi devait comporter des avantages. Et il aiderait à renflouer les finances du Royaume. Connaissant Baelish, ses investissements devaient être rentables. Ashara Arryn montait aussi dans son estime, en laissant d’aussi bon cœur des possessions aussi rentables pour le bien du Royaume. Il conviendrait plus tard de garder un œil sur Ades pour vérifier qu’il continuait de verser l’argent au Royaume, et sur Ashara, dont l’empressement à fournir à Lord Overton des « hommes de confiance » à placer à la tête du Guet avait attiré l’attention de Lord Stark. Mais pour l’heure, les choses étaient aussi bien qu’elles le pouvaient.

Nous en avons terminé ?

Je pense que mon ami a posé la bonne question.

Ashara rit.

Mais du coup, nous allons chasser, ou pas ?

Si nous sommes d'accord, partons chasser une proie ensemble pour sceller tout cela. Histoire de ne pas rentrer bredouilles. S'il me reste une réputation, c'est bien celle –là !

Ashara eut un grand sourire, se leva brusquement, transfigurée, et souleva une couverture dans le chariot pour découvrir son arc et son carquois. Puis elle sauta à terre, négligeant totalement son état. Lyonel secoua la tête, puis démonta et l’embrassa, pendant qu’Eddard pressait les flancs de sa monture, heureux plus d’en avoir fini avec les manigances, que de commencer la vraie chasse. Pendant ce temps, Lyonel Corbray usait de diplomatie pour empêcher son épouse de rejoindre le groupe.

Ma chérie, tu dois faire attention à toi. Surtout dans ton état. Je sais que tu es une bonne chasseuse, mais personne n’est à l’abri d’un accident.

Il la prit par la taille et la rassit sur le chariot.

S’il te plaît. Dans huit mois, nous irons chasser tous les deux.

Après que Lady Arryn eut émis un grognement qui pouvait ressembler à une approbation, quoique réticente, Lyonel remonta en selle pour aller rejoindre Ned et Robert.

Très bien ! Dans ce cas, je vais comploter avec Ades !

Lord Overton, qui avait suivi l’échange avec intérêt, offrit un sourire aimable à Lady Arryn.

Si vous y tenez, Madame. Complotons donc.

J’y tiens. C’est à propos des bordels.

Et à ce moment, on vit pourquoi Ashara était une Lady. Tout comme celle d’Ades, ni sa générosité ni sa loyauté envers la Couronne ne l’empêchaient d’avoir sa propre stratégie.

Vous vous occupez de l'argent, mais l'information, vous la partageriez avec une amie, n'est-ce pas ?

Hé bien, c’est quelque chose qui est à discuter en fonction de ce que je récolterai, Madame, répondit prudemment Ades, qui souriait tout de même de façon rassurante.

Plus loin, accompagné de Ned et de Lyonel, le Roi se demandait s’il avait choisi les bons alliés. Mais en même temps, il n’avait guère le choix. Pour sa part, Eddard pensait surtout à sa femme. Il fallait qu’il lui écrive. Elle lui manquait.
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