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Uchronie du Trône de Fer de George R.R. Martin. Venez incarner un riche Lord, un noble chevalier, un seigneur ruiné ou un roturier dans le Royaume des Sept Couronnes !

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[Eyrié] La justice des puissants

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Will Pyle
« Invité »

MessageSujet: [Eyrié] La justice des puissants 15.05.16 6:19

La justice des puissants
Ashara Arryn & Will Pyle
Le chant du vent était entêtant, obsédant. Il sifflait et hurlait en un rythme décousu aussi tranchant et irrégulier qu'un tesson de bouteille. Il faisait froid et une chape nuageuse couvrait le ciel, masquant le soleil. Impossible d'avoir une idée de l'heure. Depuis trois jours, il mesurait le temps à l'aune des repas qu'on lui portait, un le matin puis un le soir. Venait ensuite la nuit, froide et dangereuse, ou le sommeil risquait de vous faire glisser le long d'une pente mortelle pour vous précipiter dans l'abîme. Il se reposait donc par courtes séquences contre le mur du fond, enroulé dans la peau de mouton qu'on l'avait autorisé à conservé.

Du haut de son perchoir il passait le temps en étudiant les plats et les reliefs du Val, consciencieux et méthodique comme en amour, il commençait à bien connaître l'unique tableau qu'il pouvait contempler depuis sa cellule. Une terre verte mais froide, grise, triste et dans son cas, hostile. Un frisson lui parcouru l'échine et il ressera les pans de son gilet en peau. Il n'avait pas peur. Le Val était réputé pour être un terre d'honneur, de chevalerie et de justice. Il présenterait ses arguments et on l'écouterait sûrement, n'était-il pas dans le droit le plus stricte ?
Il supportait l'attente, il avait connu pire.

Le geôlier était rustre, simple d'esprit et probablement violent d'ordinaire mais Will bénéficiait de la protection de son rang, il ne se risquerait probablement pas à le brutaliser. Il soupira tout en se saisissant d'un petit caillou, le jetant dans le vide béant face à lui, là ou aurait du se trouver le quatrième mur d'une cellule qui n'en possédait que trois. Il avait eu tout le temps de se remémorer clairement les évènements qui l'avaient conduit ici, et ainsi de préparer sa défense. A tête reposée, il se souvenait à présent de tout.

Il avait retrouvé l'homme dans une auberge, il l'avait sommé de se lever au nom des Dieux et de la justice, prenant les habitués à témoin et déclinant son identité et sa charge "Mon nom est Will Pyle, et je suis chevalier" avait-il dit "C'est homme est un meurtrier que je traque depuis des lunes. Tous ici, je vous prend à témoin pour que justice soit rendu devant les hommes et les Dieux." Il avait ensuite tiré son épée et en avait pressé la pointe sur le dos de l'homme assis et prostré "Hoster dit le bottier, lève toi et suit moi dehors. Je vais te pendre au premier arbre venu et tout homme d'honneur qui souhaitera m'y aider sera le bienvenu. Si tu refuse, tu peux toujours prendre ton épée et me faire face ici." Il avait ensuite designé l'assistance d'un geste circulaire "S'il y en a parmi vous pour qui ce chien de potence à une importance, sachez que je tiendrais pour son complice tout homme qui essaierait de m'en empêcher." De longues secondes s'étaient écoulées dans un silence de morgue, comme on en voit rarement dans les auberges. Puis Hoster le bottier s'était levé et lui avait fait face avant de se saisir de son épée, rendu hardi par le courage du chien qu'on accule. Le combat avait été aussi bref que sanglant. Un homme avait tenté de prendre son parti et avait été blessé.

Lorsque le guet était arrivé, le chevalier n'avait opposé aucune résistance et avait rengainé son arme, prêt à s'expliquer. Il n'en avait pas eu le temps et le coup qu'il avait reçu à la tempe le lançait encore, tandis que le sang séché poissait ses cheveux et les agglutinait en mèches sales. On ne lui donnait tout juste assez d'eau pour étancher sa soif, il n'avait pas pu nettoyer son visage. Avec son allure de vagabond, il devait présenter une bien triste mine. Il fallait espérer que ça ne joue pas en sa défaveur lors de son audition.

Il se cura le nez, modelant le produit de son excavation en un projectile aérodynamique qu'il réussit à envoyer dans le vide d'une simple pichenette. Il salua la performance d'un sifflet admirateur. Il fallait bien tuer le temps.
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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 15.05.16 14:21



La justice des puissants






An 299 – Lune 5 – Semaine 3 – Jour 4

Un meurtre. Le plus grave crime qui soit, un crime contre la vie, contre les Dieux. Un crime qu’elle avait elle-même commis, indirectement, à plusieurs reprises. Un homme, plus exactement un chevalier croupissait dans les geôles des Eyrié. Un chevalier errant, avec la réputation que les gens de cette catégorie se trainaient, ce meurtre n’était ni le premier ni le dernier à être commis par un homme de cette engeance, mais tout de même !
Alors que faire ?

Lors de son séjour à Port-Real, Ashara avait appris plusieurs choses, la première était que la justice n’avait rien de juste, que dans leur aveuglement, certains étaient capable de condamner quelqu’un à mort quelle que soit les conséquences pour garder leur soit disant intégrité. Est-il intègre de tuer quelqu’un sans réfléchir aux conséquences de ce meurtre. Pensait-on à chaque fois à ces conséquences ? Vaste question à laquelle la brune n’avait toujours pas vraiment répondu en fait. Elle en voulait à Lord Eddard d’avoir condamné Lady Lysa, de l’avoir acculée ainsi de sorte qu’elle demande un duel judiciaire qui, en plus de lui couter la vie à elle et de rendre Robin orphelin avait couté celle de Chevalier de la Porte, Ser Brynden Tully. Cependant, elle savait que, malgré les conséquences que cela aurait pu avoir sur le Conflans, conséquences finalement bien en deçà de ce qu’elle avait pu craindre, Lysa méritait amplement son châtiment. Etait-ce aussi le cas de Petyr ? D’après ce qu’Aiyana lui avait révélé après l’avoir tué, il le mritait largement et en quelque sorte, lui aussi, ses complots bien ficelés, son pouvoir, son influence, son argent et ses manigances, tout cela avait acculé Lady Ashara à prendre des mesures pour éviter de mourir et de lui laisser les rênes du Val. Aurait-il pour autant été un mauvais suzerain ? Elle ne saurait le dire. Voulait-elle seulement savoir ? Elle craignait néanmoins que cet homme sans foi ni loi n’ait que faire de son peuple, pas plus que de Robin et soit prêt à tout, surtout au pire, pour arriver à tirer son épingle du jeu et à s’enrichir.
Mais en un sens, étaient-ils si différents l’un de l’autre ? Parfois, quand elle mettait en regard tout ce qu’elle avait pu faire pour en arriver là, sur le trône du Val d’Arryn, elle se demandait si elle valait vraiment mieux que lui. Et alors, il lui arrivait de comprendre le choix de Ned de ne pas céder à la tentation de régler les problèmes en oubliant ses principes et ses valeurs. Elle l’avait fait pour le bien de tous, du plus grand nombre, de son peuple, mais au final, elle l’avait aussi fait pour elle. Cela faisait-il d’elle une bonne ou une mauvaise Suzeraine, une bonne ou une mauvaise personne ? Quand on trempait, par la force des choses, pour survivre, dans les complots, dans l’assassinat, dans la trahison, comment faire en sorte d’être malgré tout une bonne personne ?
Suffisait-il de servir la justice véritable, celle qui ne porte pas ce nom et qui ne se rend pas en publique, celle où ni un duel judiciaire ni le Mur ne peuvent vous sauver la vie ?

Le chevalier assassin, d’après ces propres dires, avait poursuivi la victime depuis le bief après qu’il ait commis un viol atroce et lui avait demandé de se rendre à lui pour qu’il le mène à la justice du Val d’Arryn. Mais ce dernier ne s’était pas rendu et avait tenté de tuer le chevalier qui, alors, l’avait tué. Est que cela faisait de lui un homme mauvais ? Est que cela faisait de lui un meurtrier ? Si ce qu’il disait était vrai, alors non. Cela faisait de lui un justicier, un véritable chevalier et cela le rendait meilleur que tous les hommes qui, pour le viol et le meurtre d’une prostituée, n’aurait même pas levé le petit doigt. Cela faisait de lui un homme meilleur que tous ceux qui laissaient des femmes sans défense se faire agresser sans rien faire. Mais s’il mentait, alors il méritait la mort ou le Mur. En aucun cas il n’avait le droit de tuer sur les terres Arryn et elle se serait peut-être arrêté à cela si elle n’avait pas appris qu’à son arrive à la Porte Sanglante, il avait prévenu de la raison de sa visite et que la seule raison pour laquelle il n’était pas venu présenter son projet à Lady Ashara était qu’une jeune recrue n’en avait pas touché mot à ses supérieurs. L’ironie de tout cela est que, s’il avait été présenté aux Eyrié, il n’aurait probablement pas été seul et sans légitimité pour se présenter devant le criminel et qu’il n’aurait probablement pas eu besoin de le tuer. En attendant, la brune avait ordonné à Mors de lui fournir deux repas par jour et de ne pas le brutaliser ainsi que de lui restituer sa peau de mouton.

Jaime, qui avait quitté les Eyrié pour le Mur un peu moins d’une lune auparavant était bien placé pour le savoir, les cellules célestes avaient de quoi rendre fou le plus fort des hommes. Ashara l’avait expérimenté de manière parfaitement consciente avec lui, le laissant croupir dedans un bon moment avant de lui accorder sa justice dans le but de lui rafraichir les idées. Elle voulait qu’il sache de quoi elle était capable, qu’il sache que dans ces geôles, un accident était bien vite arrivé, qu’il ne veuille retourner après son procès pour rien au monde. Et surtout, elle voulait qu’il médite sur ses crimes assez longtemps pour les avouer ou au moins pour accepter el sort qu’il lui était réservé et cesser de mentir. Comme toujours, rien ne s’était passé comme prévu. Il n’avait pas avoué et Ashara avait au contraire appris quelque chose qui devait lui sauver la vie de la bouche de son frère, mais peut-être était-ce un mal pour un bien.

Pour Ser Will Pyle, il ne s’agissait pas de cela, il attendait dans un autre but, même si cette attente pourrait bien avoir les mêmes conséquences et que c’était pour cela qu’Ashara ne lui avait accordé aucune audience ni visite depuis qu’il était arrivé. La brune avait envoyé ses hommes chercher des témoins et des preuves de ce que le chevalier avançait pour sa défense. Elle ne voulait pas se tromper, ni dans un sens ni dans une autre, elle était désormais à la tête du Val et ne pouvait pas se le permettre. Une fois déjà elle avait fait des erreurs qui avaient couté la vie à une bonne personne, quelqu’un qu’elle appréciait énormément, qui avait servi le Val avec honneur et lui avait enseigné bien des choses. Un homme qu’elle considérait comme un Valois, quelqu’un qu’elle regretterait amèrement : Le Silure.

Mais si cette affaire était une question de justice avant tout, elle était aussi une question d’honneur. L’honneur de la Dame des Eyrié à qui incombait de rendre la justice, aidée de ses seigneurs vassaux et non à un étranger, aussi chevalier soit-il, qui n’avait aucun droit sur ses terres. Il ne s’agissait pas - pas seulement en tout cas – d’orgueil ou de fierté, mais du respect et de la confiance que lui portaient ses vassaux ainsi que de la peur qu’elle pouvait susciter après des plus récalcitrants et de l’image qu’elle donnait à voir en son royaume et dans les six autres. Si elle se montrait trop laxiste, elle passerait pour une femme faible dans un monde d’homme qui n’attendait que cela pour la rabaisser à son seul sexe oubliant bien vite ce qu’elle avait fait pour le Val. Sans compter qu’à son retour, Lyonel en profiterait pour justifier de l’évincer de toutes les décisions importantes et que si elle perdait l’amour et la confiance de ses plus loyaux sujets, il n’aurait aucun mal à obtenir cela et elle, aucune chance d’avoir ce qu’elle voulait, à savoir qu’il abandonne ce foutu nom et ses terres Corbray. Si elle se montrait trop dure, alors, au lieu de la respecter et de l’aimer, certains de ses vassaux pourraient prendre peur qu’il ne leur arrive la même chose et non seulement ils risquaient fort de ne plus oser, eux même, se montrer juste, mais pire, de se retourner contre elle. On ne tient pas les gens par la peur, pas éternellement en tout cas. Et pourtant il fallait qu’elle continue de faire peser, sur les traitres potentiels et plus encore sur les seigneurs étrangers, cette crainte qu’elle avait gagnée par certains de ces actes.
Tout cela était un savant équilibre qu’elle pouvait se targuer d’avoir construit et conservé depuis qu’elle était devenue, à treize ans seulement, Surintendante du Val d’Arryn. Elle en était fière, sans fausse humilité mais sans arrogance non plus, car c’était au prix de nombreux sacrifices et d’avancer chaque jour sur le fil du rasoir et elle savait que malgré tous ses efforts, cet équilibre restait précaire et pouvait s’écrouler au moindre faux pas. En ce monde, on oublie plus facilement les bonnes actions que les mauvaises et les mauvaises coutent souvent très cher alors que les bonnes ne rapportent la plupart du temps, pas grand-chose. Vous comprendrez alors aisément pourquoi elle était paranoïaque et pessimiste, mais à n’est pas notre sujet. Cela dit, il restait à déterminer si le meurtre de Ser Will était une bonne ou une mauvaise action et ce que tout cela lui rapporterait finalement, si elle serait de ceux qui savent dire merci.

Cela faisait donc une bonne lune qu’il croupissait dans une cellule céleste, mais enfin, Ashara avait reçu un corbeau, des témoins avaient été trouvés, ils étaient en route, escorté par les chevaliers et reitres des Eyrié envoyé à cet effet, ils arriveraient le lendemain…

***

Il faisait encore nuit noire quand Mors entra dans la cellule et mit un petit coup de pied à l’accusé en lui disant de se lever sans autre forme de politesse. Il lui passa les fers et lui banda les yeux sans explication. De là, il le fit marcher un bon moment, sortant des geôles glaciales pour entrer dans le château où l’air était plus chaud et agréable. De nombreuses portes s’ouvrirent et se refermèrent, il y avait d’autres gardes qui marchaient autour du prisonnier, des chevaliers, en dehors de ça, aucun bruit, le château était en dormi. Il fut poussé sans ménagements dans une pièce éclairée par de nombreuses bougies et chauffé par un feu dans un grand âtre. Les chevaliers de la Dame du Val se disposèrent de manière à empêcher toute fuite, deux à la porte d’où ils étaient tous entrés, deux autres près de l’unique autre porte.
La pièce n’était pas très grande, propre, mais pas très belle non plus, des murs de pierre nus qui semblaient comme taillés dans la roche grise, aucune décoration à part la cheminée, elle-même sans fioriture, sur deux des murs, des rayonnages où étaient entreposés du linge et au milieu, une baignoire fumante, un panier, un tabouret en bois et une petite table où étaient posé un savon, un gant de crins et sur l’étage du bas, des vêtements propres. Un jeune garçon entra et s’inclina légèrement avant de parler.

__ Bonsoir Ser. Vous pouvez enlever votre bandeau. Veuillez excuser la Dame du Val pour le réveil brutal, mais vous comprendrez qu’elle ne souhaite pas qu’un prisonnier accusé de meurtre traverse le château en plein jour. » Il détacha les fers qui retenaient les poignets du prisonnier et s’inclina avant de sortir. Il se retourna au dernier moment. « Si vous avez besoin d’aide, je serais juste de l’autre côté de la porte. Si non, frappez à l’autre porte quand vous aurez terminé et reculez de trois pas. »

Sur ces mots, les quatre chevaliers sortirent du côté où ils étaient entrés, aucun de l’autre, celui où le jeune garçon avait dit qu’il attendrait, deux monteraient la garde de l’autre côté de l’épaisse porte de bois laissant toute son inimité au prisonnier pour profiter de l’eau chaude et du savon.


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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 16.05.16 14:47

La justice des puissants
Ashara Arryn & Will Pyle

Le chevalier frotta ses poignets douloureux, c'était la première fois qu'on lui avait passé les fers et la sensation en était fort désagréable. La pièce était vide à présent et le contraste entre sa situation actuelle et celle dans laquelle il se trouvait quelques minutes auparavant ne manqua pas de l'amuser. Il fit jouer ses épaules puis ses articulations douloureuses. Les cellules célestes étaient particulièrement désagréables passé la trentaine, en particulier parce que l'humidité et le froid ravivaient de vieilles douleurs oubliées. Il grimaça pendant sa gymnastique. Il se sentait vieux.

Il soupira et entreprit de se dévêtir. Il avait le corps qu'on attendait d'un soldat. Musclé avec naturel, les épaules larges et les membres épais. De vilaines cicatrices lui barraient le corps à certains endroit, rouges et boursouflées. C'était un fait, il avait toujours mal cicatrisé. Une fois nu il s'attela à son décrassage tout en appréciant mentalement l'attention qui lui était faite. Il était facile d'y voir là une main féminine, la plupart des hommes ne s’effarouchant guère de la crasse ou de l'odeur. Certains y trouvaient même un moyen d'affirmer leurs supériorité. En lui permettant de se laver et se rendre présentable, Lady Arryn le laissait aussi retrouver un semblant de dignité.

Il se frotta énergiquement avec le gant de crin pour être sur d'être parfaitement propre, appréciant le contact de l'eau chaude et l'odeur du savon. Sur la route il était difficile d'adopter une hygiène irréprochable et la toilette se limitait souvent à un simple décrassage à l'eau fraiche d'un cours d'eau.

-"Dommage qu'il faille être fait prisonnier pour ça..."marmonna t-il tandis qu'il se saisissait des vêtements propres laissé à son intention. Ils étaient un peu serrés à son gout, mais propre. Ne sachant que faire de son linge sale, il le plia grossièrement et le déposa là ou il avait trouvé les vêtements. Certains se seraient contentés de les laisser à terre en comptant sur les petites mains qui passeraient derrière, mais pas lui. C'était un réflexe d'homme du peuple, un pan de sa personnalité qu'il n'avait jamais su effacer complètement, un peu comme un ancien gros ne sachant pas voir le nouveau mince en lui.

Il se sentait à cheval entre deux mondes, partagé entre un statut lui valant l'admiration des pauvres qui s'adressaient au chevalier et le mépris des puissants qui ne voyaient en lui que le parvenu. Comment serait il traité par la Dame du Val ? Il ne pouvait que supposer.

Elle avait prit la peine de se charger de cette affaire en personne mais sans le faire au grand jour. Le chevalier n'était pas un érudit mais il avait de l'instinct. Elle était probablement dans l'intention de bien faire, mais soucieuse des réactions qu'elle pouvait susciter. Elle l'avait autorisé à reprendre figure humaine et avait ordonné qu'on lui laisse l'intimité pour le faire. Il avait été traité avec égard et à peine bousculé. Elle l'avait toutefois laissé croupir dans une cellule inconfortable, suffisamment longtemps pour qu'il n y prenne pas gout.

-"Cœur juste, volonté forte, intelligente et manipulatrice. Position à affirmer." Il avait parlé tout bas, pour lui même. Évidemment il pouvait se tromper, mais l'homme comme l'animal était souvent ce qu'il semblait. Restait à voir de quel bois la Dame du Val était faite.

Il remis de l'ordre dans ses cheveux d'une main tout en peignant sa barbe broussailleuse de l'autre, espérant remettre un peu de cohérence dans toute cette pagaille. Il souffla dans sa main et fit la moue. Il ne faudrait pas lui parler de trop près. Il se dirigea vers la porte, et après avoir réajusté une dernière fois sa mise, frappe trois coups puis recula de trois pas. Le soldat qu'il était savait facilement suivre les consignes.


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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 16.05.16 23:14

Ashara était dans ses appartements et ne dormait pas malgré l’heure tardive, elle lisait le rapport des hommes partis en quête de témoins. Si Ser Will était bien le chevalier qu’il semblait être, alors elle voulait tout sauf sa mort. Mestre Udo entra après avoir frappé une fois et sans attendre qu’elle lui dise d’entrer, comme s’il était attendu. Elle leva la tête de ses parchemins :

__ Alors ? »
__ Il a une blessure à la tête, mais à part ça… »
__ On ne m’avait pas prévenu qu’il était blessé. » Elle fronça les sourcils. « Est-ce grave ? »
__ Pas d’après ce qu'Elyas m’a dit, non. »
__ Bien. A part ça ? »
__ A part ça, il va bien et il sera tout à fait présentable demain, mais je crois que nous avions vu un peu juste pour la chemise. Cela ira quand même. »
__ Et ? »
__ Et il n’a pas tenté de s’enfuir, il a frappé reculé de trois pas et attendu qu’on lui remette les fers pour retourner dans sa cellule. Les lavandières laveront ses affaires demain. »

La brune se contenta de sourire en guise de réponse. L’absence de garde à la seconde porte et le fait qu’on le laisse tout seul avec de quoi tenter d’assommer un ou deux soldat était un test de sa part, et que le chevalier ait été trop honnête ou trop intelligent pour tenter quoi que ce soit lui plaisait bien.

__ Et il n’est pas Valois dis-tu ? »
__ Non, il vient des Terres de la Couronne d’après ce qu’on sait. »
__ Ah... Bon… » dit-elle, un peu déçu. « Merci Mestre, bonne nuit. »
__ Bonne nuit Ashara. »
__ Mestre ? » Le vieux Mestre se retourna. « Barristan m'a dit qu'il ressemblait un peu à Lyonel. »
__ Ah bon ? Mmm, hé bien peut-être, sous certains aspects. »
__ Il me manque » soupira la brune en posant la main sur son ventre qui s'arrondissait, mais n'était pas encore trop gênant.
__ Je sais Ashara. Il reviendra bientôt et... »
__ Et c'est le lot des femmes de tenir la maison sans leur mari parti au combat... je sais... » Elle soupira à nouveau et fit un geste de la main invitant l'homme de science à prendre congé pour de bon.

Elle laissa la paperasse pour le petit déjeuner et essaya de dormir un peu. Elle s'allongeant et ferma les yeux en pensant à son époux et ce qu'elle aurait donné pour qu'il soit là et la prenne dans ses bras. Mais elle dut se contenter d’étreindre un gros coussin de plume et de caresser son ventre une fois de plus pour se donner du courage.

***

Le lendemain, alors qu’on apportait du fromage frais au miel et des fruits à la jeune femme, le prisonnier dut se contenter d’une miche de pain rassis avant d’être amené fers aux poings, dans la grande salle du trône des Eyrié. Elle était bien plus petite que toutes les autres salles du trône des Sept Couronne, mais pas moins belle, ronde tout en marbre blanc niellé de bleu, avec de hautes fenêtres donnant sur le ciel et la montagne, les larmes d’Alyssa et le Val verdoyant. En son centre, la Porte de la Lune ornée de sa porte en cuivre gravée des symboles de la Maison Arryn et en face, la plate-forme en hauteur où montait un escalier. Là, se trouvait le trône des Rois et des Reines de la Montagne et du Val depuis l’âge des Héros, vide.

Les soldats des Eyrié se disposèrent tout autour de la pièce gardant tout particulièrement les portes et les endroits où les vassaux de la jeune femme assisteraient au procès ainsi que le bas des escaliers. L’estrade était quant à elle gardée par deux soldats des Eyrié ainsi qu’un vieux mestre à la barbe blanche et le jeune garçon qui avait parlé au prisonnier dans la nuit. Le Mestre frappa sur le pupitre installé là pour que le jeune page d’Ashara puisse prendre des notes et le silence se fit et le héraut annonça :

__ Lady Ashara Arryn, Dame des Eyrié et du Val d’Arryn. »

C’est alors qu’une jeune femme entra par la porte principale et traversa la pièce avec deux chevaliers de la Garde Ailée reconnaissables à leur cape bleue et blanche brodée du faucon et de la lune d’argent. Les gardes ne bronchèrent pas, ils étaient là pour surveiller le moindre mouvement suspect, en revanche, la plupart des vassaux courbèrent l’échine sur son passage. Elle avait une taille normale, mais sa démarche assurée, solennelle et majestueuse ainsi son port de tête altier auraient trahit son rang même si elle avait été habillée en guenille, bien qu’on puisse se demander si elle aurait marché ainsi habillé en guenille. Quoi qu’il en soit, elle portait une robe de velours bleue foncé et par-dessus une houppelande de velours bleu ciel ornée de fourrure d’hermine aux manches et au col qui descendait en V jusqu’à un ruban blanc noué entre sa poitrine et son ventre rebondi. Coiffée d’un bandeau de soie bleue qui réunissait trois pierres de lune enchâssées dans des pièces d’argent ciselé. Une sur le front et deux sur les tempes desquelles descendaient des perles d’argent, d’agate blanche, de quartz et de lapiz lazuli au bout desquelles pendaient, pour chaque côté, un faucon en vol et un croissant de lune. Ses cheveux étaient séparés en deux épaisses mèches ceintes chacune d’un large d’anneau d’argent ciselé desquels tombaient des rubans blancs, argent et bleus dont certains étaient brodés et qui étaient savamment mêlés à ses cheveux. L’une des queues ainsi formée tombait dans son dos et l’autre reposait gracieusement sur son épaule. Elle ne portait pour unique bijou qu’un pendentif d’argent ciselé avec une lune et un faucon.Elle darda son regard perçant d’oiseau de proie sur le prévenu et prit une grande inspiration avant de commencer :

__ Ser Will Pyle, vous avez tué un homme sur mes terres. J’ai ouï dire que vous aviez prévenu de vos intentions en franchissant la Porte Sanglante, mais je n’ai point été prévenue, aussi, vous n’aviez pas mon autorisation. J’ai aussi appris que, d’après vos dires, cet homme s’était lui-même rendu coupable de meurtre. De cela non plus je n’ai point été avertie et ne vous ai donc pas donné l’autorisation d’exécuter la moindre sentence sur mes terres. Cependant, des témoins ont rapporté qu’avant qu’il n’attente à votre vie, vous l’aviez sommé de se rendre, ils ont aussi dit que vous vouliez le pendre vous-même. Dois-je vous rappeler que rien ne vous autorisait à rendre la justice sur mes terres et que pour cela, vous mériteriez d’aller voir si, au Mur, la justice des Autres vous est accordée ? »

La brune au regard azur fixa quelques instants le chevalier en fronçant les sourcils depuis le bord de la plate-forme.




   
   
   
 

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Dernière édition par Ashara Arryn le 20.05.16 13:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 18.05.16 11:38

La justice des puissants
Ashara Arryn & Will Pyle
Finalement il n'avait pas été introduit auprès de la Dame du Val. Lors de son extraction nocturne il avait imaginé qu'il serait entendu en secret par cette dernière, mais il s'était trompé. Bien que le fait d'être reçu en pleine nuit par une femme puisse être sujet à caution, il avait pensé qu'elle souhaitait l'entendre en toute discrétion. Il n'en était rien. Après s'être lavé on l'avait ramené à sa cellule et on l y avait laissé pour la nuit.

Ce matin ils étaient venu le chercher après son frugale petit déjeuner et il les avait suivit sans un mot, les fers aux poignets. Il ne s'offusquait pas de cette mesure. C'était le sort réservé aux prisonniers et jusqu’à la preuve de son innocence c'était tout ce qu'il représentait aux yeux des Valois. Au contraire, il avait été traité avec quelques égards. Les fers n'étaient qu'un moindre mal, en dépit du fait qu'ils devenaient rapidement physiquement douloureux.
Comme pendant la nuit, ils traversèrent une succession de couloirs et de portes avant qu'il ne soit introduit dans ce qui lui sembla être la salle du trône. C'était la première fois qu'il entrait dans un tel endroit. Par le passé il avait été amené à fréquenté des châteaux, mais jamais ceux de Maisons aussi prestigieuses que celle-ci. Le roturier en lui s’émerveilla tandis que le chevalier se tansait d'être si candide.

Il y avait du monde dans la salle, des hommes en armes, des chevaliers et probablement des vassaux. Il n'avait pas le loisir de les toiser à l'envie et il s'en gardait bien quoi qu'il en soit. Il était hors de question de passer pour un godelureau affolé. Il était probe et il le savait, comme eux tous bientôt.

Ils se turent lorsque le héraut annonça l'arrivé de lady Arryn. Tous s'inclinèrent de concert, imité par le chevalier qui mit un genou à terre, maladroit du fait de ses entraves. Elle s'adressa à lui, sans préambule, droit au but. C'était une manière de faire qui lui parlait, qu'il aimait. Droit au but et sans ambages. Il se releva sans grâce en époussetant ses genoux, avant de regarder la jeune femme. Elle était belle, gracieuse et de la dernière élégance, son regard contrastait cependant avec sa plastique. Il était dur, presque tranchant. Un regard bien mature chez une personne si jeune.

Il s'éclaircit la voix, sans succès et toussota. Il n'était pas à l'aise en publique car il craignait toujours le faux pas qui lui attirerait les moqueries. Il n'avait guère reçu d'éducation adéquat pour s'adresser à une telle assemblée, et ses lacunes scolaires lui pesaient plus que jamais. Il ne craignait pas le fer, mais les rires pouvaient s'avérer plus tranchants encore. Il sentait les regards sur lui et le silence lui paraissait pesant à présent. Tous attendaient sa réponse.

-"Je m'appelle Will, Will Pyle." Elle l'avait déjà dit.

-"J'ai tué cet homme, c'est vrai. Mais je suis innocent du crime qu'on m'impute."
il laissa l'assemblée en suspens, le temps de quelques battements de cœur, plus pour réfléchir à ce qu'il devait dire que par effet de style toutefois.

-"Lui, et quelques autres ont maltraités et tués une jeune femme de Villevieille alors que j'y séjournait il y a plusieurs lunes de ça. Une amie."Il avait répété son discours des nuits durant. Il ne se souvenait plus de rien maintenant.

-"C'était personne. Elle n'avait rien. Pas de nom, pas d'argent ni ami puissant. Mais elle était gentille, et moi j'ai trouvé ça bien triste." Il se gratta la barbe, avalant sa salive. Il avait la gorge sèche.

-"J'ai pris la route pour rendre justice et je me suis lancé aux trousses des pendards. Celui là c'était le troisième sur lequel je mettais là main. Il se trouve quand arrivant j'ai annoncé mes intentions, comme vous avez dit. Et bien naïvement j'ai pensé que ce serait transmis aux autorités compétentes. Je suis pas trop au fait de la bureaucratie ni de pourquoi ou comment les choses doivent se passer." Il s'adressait directement à la Dame du Val, en la fixant intensément. Pas par défi, ni par bravade, seulement parce que c'était un homme simple et franc.

-"Tout ne s'est pas passé comme prévu. J'en suis désolé. J'ai voulu me renseigner dans cette auberge et par chance je suis tombé sur lui. Je l'ai invectivé, c'est vrai, et je lui ai promis la pendaison. Parce que c'est la corde qui attend les meurtriers, je n'ai rien inventé, je n'ai aucun talent pour ça. Lui, il à préféré tenter sa chance et il faut dire qu'il était meilleur bretteur que ce à quoi je m'attendais. J'ai pas réussi à le prendre vif." Un silence à nouveau.

-"Je comprend bien qu'en quelque sorte, on me reproche d'avoir braver votre autorité. Mais je vous jure sur mon honneur que ça n'a jamais été dans mon intention. Je remercie votre grâce de m'avoir laisser du temps pour réfléchir à tout ça. A tête reposé il m'a été facile de me dire "j'aurai pu faire ci, ou faire ça". Mais il se trouve que je m'attendais pas à le trouver assis là, et que j'ai agis à l'instinct et peut être sous la colère. De cela je suis coupable."
Il réajusta sa tunique en tirant nerveusement sur les pans du vêtement.

-"J'ai été adoubé après le siège de Cendregué, par Ser Steffon le court. Je me suis aussi battu sous les murs de Pyke. Je suis devenu chevalier parce que je sais mieux qu'un autre par quel bout on prend un fer. On m'a fait réciter un serment. Moi je suis comme la fille, pas grand chose. Alors ce serment, ces quelques phrases là, ça définit tout ce que je suis. Ce qui sépare le chevalier du pas grand chose. J'ai juré sous l’œil des Sept de protéger ceux dans le besoin, et si on considère que le Val comptait un meurtrier en son sein, je crois qu'on peut dire que j'ai agis pour le bien commun." dit-il sans quitter la jeune femme des yeux.

-"Je suis coupable d'être un idiot doublé d'un imbécile irréfléchi, oui ma Dame. Mais je n'ai jamais voulu vous insulter, bafouer votre autorité ou vous causer le moindre tord. Pour être honnête, j'ai pas penser à tout ça une seule seconde. Si la justice vous habite ma Dame, vous en conviendrez vous aussi."

Il ne s'était pas justifié comme il l'avait voulu. Il n'avait pas été éloquent, ni enflammé comme il l'avait imaginé. Il était incapable de ça. Il s'était contenté d'être lui même, sincère et direct. Restait à attendre la réponse de la Dame du Val.





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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 18.05.16 16:01

Ashara écouta l’homme avec attention, il ne semblait pas très à l’aise devant un tel auditoire. Elle tiqua, peut-être aurait-elle dû lui laisser l’occasion de s’expliquer en privé. Cependant, une femme mariée ne recevait pas un prisonnier accusé de meurtre au beau milieu de la nuit, même s’il ne s’agissait que de discuter. Cela pourrait faire jaser et, qui plus est, elle n’avait pas vraiment besoin qu’il s’explique, elle avait recueilli assez de témoignages en sa faveur et c’était fait sa propre idée sur le personnage, il semblait qu’elle ne s’était pas trompée.

Le fait qu’elle n’ait pas été prévenue et n’ait pu le recevoir avant qu’il commette son crime était une erreur, mais il n’en était en rien responsable, en revanche, il était responsable de mal connaitre les lois féodales du monde dans lequel il vivait. Cependant, la brune était bien consciente qu’il n’avait pas reçu l’éducation dont elle ou n’importe quel noble aurait bénéficié. Pour, lui, la justice, surtout pour une femme du peuple était de son fait et en un sens, en tant que Chevalier, il n’avait pas tort, il avait juré de protéger les faibles.

La colère, l’instinct, Ashara connaissait, les erreurs de jugement aussi. Oui, elle lui reprochait d’avoir bravé son autorité, mais c’était une chose qu’elle pouvait pardonner si tant est qu’il se rende compte de son erreur, s’en excuse et prenne garde de ne jamais recommencer, car d’autres seraient peut-être moins cléments. C’était ce qu’il était en train de faire et elle appuya son regard azur de manière à bien lui faire comprendre qui commandait.

La belle brune soutint son regard, mais ne put retenir un sourire quand il avoua être surtout doué pour savoir par quel bout on prend un fer. Ce sourire s’effaça rapidement durant la suite de son discours. Un homme pouvait mentir, faire semblant, mais elle se targuait de pouvoir, le plus souvent, déceler le mensonge et là, elle en était certaine en écoutant les mots du Chevalier, il ne mentait pas. Sa sincérité était même émouvante et on pouvait considérer que savoir convaincre et émouvoir la Dame du Val était une belle forme d’éloquence. Néanmoins, il restait à s’assurer que l’homme méritait un tel sort.

__ Vous dites avoir débarrassé le Val d’un homme qui avait tué une jeune femme sans défense dans le Bief, région depuis laquelle, persévérant, vous l’auriez poursuivi là où bien des hommes s’en seraient retournés à leurs occupations. Je ne vous connais point, et ni votre titre ni vos combats à Cendrgué ou à Pyke ne me garantissent que vous dites la vérité, vous en conviendrez. Aussi, en l’absence de preuves pour ce crime, j’ai cherché à savoir qui était l’homme que vous avez tué et j’ai trouvé ces gens qui confirment qu’il était un être mauvais et dangereux. En effet, si j’ignore ce qu’il a fait dans le Bief, il a commis des crimes dans le Val d’Arryn, sur mes terres donc, et ce n’est que grâce à vous que j’en ai été avertie. »

Elle se tourna et fit un signe de tête à son Mestre.

__ Faites entrer les témoins ! »

Les portes latérales s’ouvrirent et trois hommes entrèrent ainsi que deux femmes. Pendant ce temps, Ashara s’était assise. ENFIN ! Par les Sept, j’ai l’impression d’avoir attendu ce moment toute ma vie.

Les témoins prirent la parole un à un, assez brièvement, mais recoupant les informations données par Ser Will. Les deux femmes avaient été violées, deux des hommes avaient assisté à la tentative d’arrestation et au duel et l’autre homme, un tavernier, raconta que l’homme que le chevalier avait tué avait assassiné sa fille qui travaillait avec lui. Tous étaient de petites gens qui ne représentaient pas grand-chose pour Ashara, mais ils étaient son peuple, ils méritaient la même justice que n’importe qui, même si elle n’ignorait pas que les paysans et autres petits artisans n’osaient que rarement demander justice à leur seigneur si tant est qu’ils y aient accès.

La jeune femme ne quitta pas Will des yeux, scrutant ses réactions pour continuer à se faire une idée sur le personnage qui, elle ne pouvait le nier, lui plaisait bien, et effectivement ressemblait un peu à Lyonel. Elle avait lu le rapport de ses hommes et connaissait donc dans les grandes lignes, les faits que les témoins rapporteraient, elle savait qu’après ça, la culpabilité de l’homme ne ferait plus aucun doute. Une fois les témoignages terminés, les témoins prirent place sur le côté et Ashara se leva à nouveau, presque sans mal, presque…

__ Vous auriez dû proposer à cet homme de choisir entre la pendaison, un duel judiciaire et le Mur, telle est la justice des Sept Couronne, celle du Roi et donc la mienne. Néanmoins, à partir de l’instant où il a choisi de vous attaquer, il a choisi de tenter sa chance devant les Sept par un duel judiciaire. Je ne doute pas que les Sept n’aient point besoin qu’on le nomme ainsi, ni qu’on en fasse tout un rituel pour rendre leur jugement et exécuter leur sentence par votre épée. Cet homme a donc été jugé coupable par les Dieux lorsqu’il a essayé de fuir son châtiment. »

La brune sourit d’un air à la fois doux et malicieux :

__ Vous êtes un idiot doublé d’un imbécile irréfléchi et j’espère que ce petit séjour en cellule vous servira de leçon, mais je crois que vous êtes trop bon et honorable pour avoir voulu m’insulter. Vous avez fait une erreur, mais vous avez aussi rendu service au Val d’Arryn. Je serais tentée de vous couper quelques doigts et de vous faire chevalier, cependant, un homme tel que vous mérite de garder ses doigts et vous êtes déjà chevalier, Ser Will Pyle. » dit-elle en insistant sur le titre de Ser. « Que ferait Westeros d’un chevalier œuvrant pour le bien commun ne pouvant plus se servir d’une épée ? »

La jeune femme descendit l’escalier avec ses deux Gardes Ailés, un grand blond impressionnant par sa carrure et un brun qui loin d’être ridicule, paressait petit à côté de son acolyte et elle plus petite encore, mais dardant son regard azur dans celui de l’accusé.

__ Si l’on considère que vous avez risqué votre vie pour débarrasser le Val d’Arryn d’un meurtrier, alors votre manque de réflexion est pardonné, Ser. »




   
   
   
 

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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 19.05.16 10:34

La justice des puissants
Ashara Arryn & Will Pyle
-" Merci Lady Arryn."

Il s'inclina pour lui témoigner son respect, qu'elle avait su gagner en une journée. Elle avait lancé une enquête, fait rechercher et interroger des témoins puis les avait fait comparaître devant tous pour le disculper. La plupart de ses semblables auraient juger à l'emporte pièce, le croyant sur sa bonne foi ou le condamnant sur des soupçons. Elle lui avait donné un véritable procès, prouvant que pour elle le modeste était l'égal du puissant devant sa justice. C'était une jeune femme remarquable.

Il resta coi un moment tandis qu'elle dardait sur lui son regard. Elle était déroutante de maturité et d'assurance et se montrait plus judicieuse dans l'exercice de la gouvernance que bien des dirigeants plus âgés. Le chevalier n'avait qu'une piètre opinion d'une noblesse qui l'avait bien souvent déçu. Mais elle semblait trempée dans un métal différent. Il sourit.

-"Je crois que je ne mérite pas vos éloges ma Dame. Tout ce que j'ai fais c'est respecter le crédo du Chevalier, et c'est pitié qu'a notre époque une chose aussi naturelle soit digne de louange. Vous en revanche, vous êtes une femme noble et juste, c'est un honneur pour moi de comparaître devant vous. Vous m'avez traité avec égard et respect alors que rien ne vous y contraignait, et c'est bien assez rare pour que je le souligne. Je suis votre obligé ma Dame." dit-il en posant sa main droite sur son cœur.

-"Je dois vous paraître ridicule et désuet, mais moi je suis fait de ce bois là. Je ne suis pas bien érudit, mais je sais me reconnaître quelques qualités, et là reconnaissance des bienfaits d'autrui en fait partie. Si vous avez besoin d'une épée un jour, je saurais me souvenir de vos manières à mon égard."

Il avait l'air le plus sérieux du monde et le tout sonnait aussi vrai que possible. C'était un homme de principe, inflexible et dur, aux promesses d'airain. En souriant à demi il leva les mains vers la maîtresse du Val et fit tinter ses chaînes.

-"Lady Arryn, accepteriez vous de déferrer un idiot doublé d'un imbécile irréfléchi ?"

Il se sentait plus à l'aise, peut être parce que la prestance de la jeune femme savait et parvenait à capter son attention toute entière, lui faisant oublier ceux qui le mettait mal à l'aise quelques minutes auparavant. Magnétique.



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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 19.05.16 16:20

Ashara avait fait pour lui ce qu’elle regrettait de ne pas avoir su ou pu faire pour d’autres. La liste était longue. Petyr, le concernant elle ne regrettait absolument pas son choix de le faire tuer, mais elle aurait dû se débrouiller pour collecter des preuves contre lui pour le faire condamner par contumax et ainsi peut-être donner au procès de Lady Lysa une autre tournure. Lysa, elle ne regrettait pas sa mort, peut-être même était-ce plus simple ainsi car cette femme aurait pu monter les Tully contre la brune et tenter de reprendre ce qu’elle lui avait pris, mais elle regrettait de n’avoir pas pu tenir parole. Brynden avait été emporté avec elle, le Chevalier de la Porte, un homme valeureux à qui elle avait fait le serment de tout faire pour que Lysa soit épargnée. Elle avait fait se serment à un moment où il lui semblait qu’elle pourrait négocier, mais on ne négocie pas avec Ned Stark, elle l’avait appris à ses dépens et elle avait échoué à sauver Lysa et ainsi condamné le Silure. En revanche, ça n’était pas elle qui avait choisi Mandon Moore, un autre Valois pour se battre contre lui, cela était bel et bien du fait d’Eddard. Comment avait-il pu imposer ça à ces hommes, à ses hommes, les hommes du Val, obliger deux frères d’arme à entre-tuer, c’était inhumain. Comment avait-il pu infliger cela au Val d’Arryn après tout ce qu’elle avait fait pour la Couronne ?

Combien de nuits avait-elle passé à ruminer sa colère, ses erreurs, tout ça pour se rendre compte qu’elle faisait des erreurs, certes, mais qu’elle les faisait par amour. Alors que la Main du Roi prenait les pires décisions en les justifiant par le sens de l’honneur ou de la justice, qu’il ne le faisait que par égoïsme, pour flatter son propre ego d’homme honorable. En refusant à Ashara tout consensus équitable concernant Lysa, il avait condamné Brynden et Mandon avait été gravement blessé, même si d’après les dernières nouvelles, il se remettait. En lui rétorquant qu’elle n’avait fait que son devoir alors qu’elle demandait un gage de gratitude pour sa loyauté et son sacrifice, il s’était condamné lui-même à être haï par une femme qui l’avait admiré pendant les dix-sept premières années de sa vie. Une femme désormais à la tête du Val d’Arryn. Une femme capable d’autant de haine que d’amour, incapable de l’un et l’autre à moitié.

Ashara était jeune, elle apprenait, et elle avait encore bien des choses à apprendre malgré le fait d’avoir été catapultée à la tête du Val à 13 ans, elle s’en rendait compte à présent. Elle avait fait tout cela pour ce Chevalier pour se racheter envers tous ceux qu’elle avait mal jugé. Mais elle pouvait le faire, non malgré le fait qu’il était un homme du peuple, mais parce qu’il en était un. Elle pouvait le juger équitablement et prendre son temps, car ni son incarcération, ni son sort ne pouvait changer la donne au sein des Sept Couronne, cela pouvait simplement changer le regard que ses vassaux portait sur elle. Ça n’était ni le cas de Petyr, ni celui de Lysa, moins encore celui d’Eddard, du Roi lui-même, ou encore la Reine. Elle avait d’ailleurs conseillé à la Main du Roi de ne pas refaire les mêmes erreurs qu’avec Lysa, de ne pas l’acculer vers un duel judiciaire qu’elle aurait toutes les chances de gagner, elle s’en était assurée en retirant Jaime de l’échiquier. Mais il restait à Ned et aux juges à faire le plus gros travail, un choix, celui d’un procès où sa culpabilité serait prouvée sans équivoque pour que personne d’autre ne puisse prendre sa défense, ou celui d’un meurtre avec lequel il faudrait vivre et auquel il faudrait trouver un coupable idéal qui ne soit pas la couronne…

L’égalité n’était qu’un doux rêve dont elle ne pouvait qu’essayer de s’approcher en traitant ses gens avec équité, quel que soit leur rang. Elle avait toujours estimé que le pouvoir que lui conférait sa naissance lui donnait autant de responsabilité que de privilèges, la première étant de protéger ceux qui n’avaient pas les moyens de se protéger eux même, son peuple donc, avant toute chose. Les gens du commun qui n’avaient pas eu la chance de naître avec une petite cuillère en argent dans la bouche ni un Mestre pour leur apprendre à lire et à écrire. Ils devaient travailler pour vivre et elle son travail à elle était d’assurer leur subsistance car tous, eux, les Seigneurs, les Chevaliers et enfin elle, ils étaient le Val d’Arryn.

__ Merci à vous Ser Will. »

La jeune femme l’écouta et rit doucement en faisant un signe au geôlier qui s’approcha et défit les fers du prisonnier qui tombèrent au sol avec fracas.

__ Vous êtes libre. On vous rendra vos vêtements, armes et armure quand vous quitterez les Eyrié. En attendant, vous êtes mon hôte, aussi longtemps qu’il vous plaira et ce pour me faire pardonner du traitement qui vous a été infligé et de cette méprise qui vous a conduit dans mes geôles. Si vous voulez bien me suivre. »

La brune n’attendit pas sa réponse avant de quitter la pièce entourée de ses gardes, ce qui ne l’empêcha pas de reprendre la conversation, ne doutant pas qu’il la suivait, même s’il était possible qu’elle ne s’adresse plus à personne…

__ Toute chose honorable, aussi naturelle soit-elle est digne de louanges. Si un homme mérite la mort, il l’obtient, alors il n’y a aucune raison qu’un homme qui mérite la reconnaissance ne l’obtienne pas. Honorer un serment ne me parait en rien ridicule ou désuet, ne pas accorder l’estime qui leur est due à ceux qui respectent leurs vœux, en revanche, me parait bien dangereux dans un monde où il est si facile de les briser. Si vous accordez foi à mes bienfaits, alors laissez-moi accorder foi aux vôtres. J’allais justement vous proposer de venir me voir si vous aviez besoin d’un travail, dès aujourd’hui ou plus tard, selon ce que vos engagements vous dictent. Vous serez toujours le bienvenue ici, même si vous n’êtes pas Valois, ce qui, je dois dire, m’étonne beaucoup. Peut-être est-ce pour cela que vous n’avez jamais rencontré de personne s’efforçant d’être aussi juste et noble que le disent ses titres, faisant de ses actes le reflet de mots qui n'ont de sens que celui qu'on leur donne. »




   
   
   
 

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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 20.05.16 10:00

La justice des puissants
Ashara Arryn & Will Pyle
Ils déambulaient dans les couloirs des Eyriés tout en devisant. Il l'écoutait en hésitant sur la conduite à tenir. C'était la première fois qu'il se trouvait en compagnie d'une personne aussi importante et l'étiquette ainsi que la conduite à adopter ne lui était pas familière. Comme souvent la peur du ridicule le contraignait au silence et puisque il avait réussi par miracle à lui faire bonne impression, il craignait qu'un mot mal placé ne lui retire toute estime. Il était plus facile de frayer avec des gens de son statut qui ne risquait pas de se trouver offenser par une phrase irréfléchie. Pour l'heure le chevalier se sentait comme un poisson sur le sable.

Il était né avec la guerre, et depuis la fin de la dernière il n'était qu'une âme errante sans but concret. Il allait et venait, de régions en comtés, en offrant ses services là ou il pensait trouver un employeur. La plupart du temps on lui opposait des refus systématiques, d'autres fois il trouvait une mission ponctuelle, mais il était de trop basse naissance pour devenir le bouclier lige d'un noble puissant, et les maisons plus modestes ne pouvaient se permettre l'entretien d'un chevalier supplémentaire. Depuis qu'il avait quitté la maison, il n'avait jamais pris racine plus de quelques semaines, plus familier avec la route qu'avec les cours. Trouver de quoi subvenir à ses besoins et à ceux de sa monture était parfois un réel challenge, et il avait plus d'une fois dû poser l'épée pour brandir la faux ou la houe. Le travail des champs forgeaient le corps mais blessait l'orgueil.

Devenir chevalier n'avait pas transformé sa vie autant qu'il l’espérait. Il ne possédait pas d'épée d'acier Valyrien, ni d'armure rutilante et ornementée. A défaut de monture de guerre et de palefroi rapide, il n'avait qu'un vieux hongre en fin de vie. Il ne mangeait pas à la table des châteaux, car on ne le recevait jamais. Tout ce que la chevalerie lui avait offert était le droit de verser son sang pour les autres ainsi qu'une belle collection de cicatrices douloureuses par temps humide. Il se sentait vieux et fatigué avant l'âge. Pourtant il n'avait jamais envisagé une autre vie que celle-ci. Malgré ses déboires financiers, il avait l'esprit tranquille et se sentait juste et probe. Il ne courrait pas après la gloriole ou les lauriers, simplement après le reflet d'un homme dont il pouvait soutenir le regard dans un miroir.

Enfant il rêvait de chevalerie et de batailles mémorables dans lesquelles il se distinguait en prenant des vies. Aujourd'hui il comprenait que l'essence de l'épée ne résidait pas dans le fait de donner la mort mais dans celui de préserver la vie. Vivre sur la route lui donnait l'occasion de brandir le fer pour défendre les laissés pour compte, ceux que personne d'autre ne songeait à protéger. Il n'était jamais rétribuer autrement qu'en sourire et parfois en pitance, mais l'essentiel était ailleurs. Il n'avait pas de nom prestigieux, il ne savait pas dire de belles phrases, ni jouter dans un tournoi. Il savait à peine lire et malgré beaucoup d'effort il doutait d'y parvenir un jour. Ses armoiries n'avaient rien de romantique, un simple heaume sur un fond blanc car il n'avait pas eu de quoi payer la couleur. Il était bien loin du chevalier dont rêvait les jeunes filles, mais au fond de lui il était sûr qu'il en avait comprit tout le sens. Il était l'esprit originel de la Chevalerie.

-"Je ne suis pas Valois en effet, à dire vrai j'ai tellement gouter la poussière des routes royales que je ne sais plus vraiment si je suis de quelque part. Il m'est d'ailleurs arrivé d'y croiser de bonnes gens et de sacrées ordures aussi..." il grimaça "pardonnez moi Lady Arryn, ça a fusé comme ça, tout seul."

Maudite langue, maudite éducation, maudit rustre.

-"Je vous trouve bien bonne avec moi, et je crains d'abuser...mais puisque on parle de mauvaise personne et vu que vous avez décider de pas me faire pendre, ni même de m'envoyer au mur ou encore de me raccourcir de quelques doigts...est-ce que je pourrais pas récupérer mon épée ? J'aime autant pas me balader sans, parce qu'il est possible que le mort ait des amis vivants."

Et il ne doutait pas un seconde que si c'était le cas ceux-ci chercheraient à lui nuire.

-"Pour vous dire ça franchement, j'ai tellement l'habitude de la porter que j'ai l'impression qu'il me manque un membre, juste là" dit-il en tapotant son flanc gauche.



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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 20.05.16 13:41

Malgré son ventre rebondi, Ashara marchait relativement vite dans les couloirs de sa demeure, cela dit, ni Will ni les Gardes ailés n’auraient de peine à la distancer s’ils forçaient le pas. Mais, elle ne savait pas trop où elle allait, par réflexe, elle avait pris le chemin de ses appartements, cependant, ça n’était pas là qu’elle était sensée le mener. En réalité, elle n’était sensée le mener nulle part, il était son hôte, mais leurs rangs respectifs ne permettait pas qu’ils se voient en privé ni même qu’il mange à sa table. Une telle familiarité pourrait être mal perçue par ses vassaux et faire jaser. Elle continua à marcher, ralentissant sensiblement le pas le temps de réfléchir à ce qu’elle allait bien pouvoir inventer pour en apprendre plus sur son invité. Cela dit, vu son répondant, elle savait peut-être tout ce qu’il y avait à savoir, elle pouvait le laisser là, aux bons soins d’Elyas qui le mènerait à la salle à manger où un repas serait bientôt servi. J’ai une faim de Lynx de fumée !

Alors que sortait de la bouche du Chevalier le mot ‘ordure’, Ashara répondit brièvement :

__ J’ai entendu pire. » Elle jeta un œil sombre à Ser Barristan le grand blond qui marchait à son côté.

Cependant, la suite la fit s’arrêter et faire face à Ser Will sans trop se soucier de Barristan qui venait d’éclater de rire, de se prendre un coup d’épaule de la part de Creighton, le brun, et tentait à présent de se calmer sans grand succès. Elle secoua la tête en signe de désapprobation, mais le léger rictus qui déforma les coins de sa bouche trahissait son amusement. Elle comprenait mieux pourquoi ses hommes disaient qu’il ressemblait à Lord Lyonel, au-delà dehors de la barbe et de la stature, il aurait pu dire la même chose si Dame Affliction ne lui avait été rendue.

__ Vous abusez Messer. Ici, seuls mes hommes ont le droit de porter des armes, qu’ils soient Chevaliers de la Garde Ailée, gardes des Eyrié ou vassaux du Val, tous sont sous mes ordres, toutes les épées ici présentes appartiennent au Val. N’y voyez pas un manque de confiance envers vous, mais je ne puis imposer à ceux qui m’ont juré fidélité la présence d’un homme armé qui a pour seul maître son seul serment de Chevalier, aussi honorable soit-il. »

Ashara était très sérieuse, cependant, elle lui avait proposé un post ici quelques instants auparavant et il n’avait pas répondu sur ce point. Elle tenta de le rassurer sur sa crainte de croiser un ami vivant de l’homme qu’il avait tué.

__ Un violeur et un meurtrier ne peut avoir d’amis aux Eyrié, et quand bien même il en aurait celui qui lèverait la main sur vous dans mes murs après le verdict que j’ai rendu perdrait la vie et jetterait l’opprobre sur sa famille et ses proches. Je doute qu’il y ait un homme assez idiot pour faire une telle chose. »
__ C’est dommage, parce que du coup, moi, je m’ennuie un peu… » fit Barristan avec un large sourire.

Ashara leva les yeux au ciel.

__ Mais vous ne m’avez pas répondu. Savez-vous où vous irez après ? »

Ils étaient toujours arrêtés au milieu d’un couloir et elle plongea son regard azur dans celui de Ser Will en attendant sa réponse. Il ne s’agissait pas de celui qu’elle avait dardé sur lui pendant le procès, pas aussi glacial, assuré cependant, elle ne cillait pas, ne souriait pas, ne papillonnait pas. Elle était Dame des Eyrié, Suzeraine du Val et elle commandait ses hommes sans attendre qu'un autre mâle le fasse à sa place. N’était-elle pas la femme la mieux membrée de Westeros avec toutes ses épées qu’elle commandait ? Et encore, il en manquait bon nombre, partis dans l'Ouest sous le commandement de son cher époux pour combattre au nom du Roi.




   
   
   
 

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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 22.05.16 8:10

La justice des puissants
Ashara Arryn & Will Pyle
Ou irait-il ? il l'ignorait. Sa quête de justice c'était terminée ici à l'ombre des Eyriés, et il se retrouvait à nouveau sans Nord ni Sud. Il dévisagea un instant les deux gardes ailés à la mise irréprochable qui suivaient la Dame du Val. Une telle position, c'était ce qu'il avait désiré durant tout sa vie. Qu'il était tentant de se mettre au service d'une telle Maison et d'essayer d'en gravir les marches une à une. Ashara Arryn réveillait en lui les flammes d'une ambition qu'il croyait éteintes depuis des années maintenant, envolées avec sa jeunesse cavalière. On lui donnait enfin l'occasion qu'il avait tant attendu, celle dont il rêvait enfant. C'était une chance unique qui peut être ne se représenterait jamais. Il suffisait dire oui.

Pourtant le mot refusait de franchir la barrière de ses lèvres. Son regard passait successivement de la jeune femme aux chevaliers, indécis. Du cachot à la droite du trône, l'histoire était plus que séduisante et probablement digne de chanson. Il était fou d'hésiter, fou de ne pas se jeter au sol, de ne pas embrasser ses pieds jusqu’à ce que les lèvres lui en tombent.

-"Lady Arryn..." commença t-il "Lady Arryn...j'ai attendu une proposition pareille pendant toute ma vie je crois. Lorsque je suis devenu chevalier j’espérais pouvoir me mettre au service d'une personne de qualité, et les Sept m'en soient témoin, l'espoir ne m'avait jamais rendu bête au point de m'attendre à une personne telle que vous."
Il toussota pour s'éclaircir la voix et se permettre de réfléchir. Il voulait mettre de l'ordre dans ses pensées et parfois, une seconde suffisait à ça.

-"J'ai peine à croire ce que j’entends tant la chance m'a fui durant près de vingt ans. On ne m'a jamais rien donné à part le droit de me faire appeler Ser. Je n'ai jamais eu l'occasion de servir comme je l'entendais, je n'ai été qu'une simple épée pendant bien des années au yeux de bien des gens."

Il croisa les bras et soutint le regard de la brune, son regard trop plein d’expérience pour quelqu'un de si jeune. Un regard qu'il avait déjà croisé chez certaines personnes que la vie avait contrainte à grandir trop vite. Elle lui rappelait Tilda.

-"C'est une chose bien incroyable que le destin." dit-il pensivement. Il avait lutté pendant des années, au propre comme au figuré, pour une telle chance sans jamais qu'elle ne se présente. Il se sentait légèrement perdu, comme un vieux marin ayant passé tellement de temps en mer qu'il s'en trouvait chancelant sur la terre ferme. La Dame du Val faisant vaciller son monde comme jamais. Dire oui c'était son vœu le plus cher, celui de l'homme et celui de l'enfant avant lui. Toutefois il n'était pas aussi libre qu'il le souhaitait. Il était lié, par un vœu fait au Dieux cette fois. Il avait juré de protéger les faibles, ceux dont personne ne se souciait.

Lady Ashara Arryn avait besoin d'une épée supplémentaire ? D'un chevalier fatigué ? Pourquoi son cœur battait-il autant la chamade ? Pour la position qu'on lui proposait ? Jusqu'à ce qu'une carapace ne se forme, il avait beaucoup souffert des moqueries sur ses origines modestes, "Ser le tourneur, le Sire de Château d'Argile". Il n'était plus qu'a un oui de devenir quelqu'un, pour de vrai.

Cette ambition le blessait plus durement que l'acier ne l'avait jamais fait. Après toutes ces années et ses privations, était-il resté le même homme ? Celui qui avait franchit les murs de Pyke en faisant tournoyer son épée en quête d'un regard ? Il brulait d'accepter. Son regard l'en pressait, il lui semblait impossible de dire non. Elle était troublante à tous les regards. Belle, assurée...royale en un mot. Jamais il n'avait approché une femme d'une telle prestance, et son pouvoir de persuasion s'en trouvait assurément grandit.

-"Quand le bourreau tend la corde, demande lui un verre d'eau."

C'était presque un murmure, une réminiscence du passé d'un homme mort et enterré.

-"C'est ce que mon père me disait. "Quand le bourreau tend la corde, demande lui un verre d'eau. On ne sait jamais ce qui peut arriver pendant ce temps là". Il sourit à demi, sachant qu'il avançait à présent d'une fine pellicule de glace.

-"Lady Arryn. Je suis un rustre, un cul-terreux. Je pense que je vais vous fâcher, mais un chevalier se doit d'être parfaitement honnête n'est-ce pas ? Je crois que j'ai besoin de temps ma Dame, tout ça est un peu trop soudain, et tout se bouscule la dedans" dit-il en se tapotant le crâne de l'index.

-"ça tourbillonne et tourbillonne et j'ai peur de trahir tout ce pourquoi je me suis battu par simple cupidité, pour satisfait une vieille ambition. J'ai bien envie de dire oui, j'en meurs d'envie même. Mais je ne suis pas sur que j'en ai le droit ma Dame. Ma parole, c'est bien tout ce que je possède, si je vous la donne je dois être absolument certain de ce que je fais."

Il se gratta a barbe, la fouaillant de ses doigts épais "Avant de tendre ma corde m'accorderez vous ce verre d'eau Dame du Val ?"

Il marqua un léger temps d'arrêt, l'air surpris puis contrit

-"Voilà que je vous compare à un bourreau, bien maladroitement. Je parle toujours bien trop vite, vous vous en rendez bien compte. Un petit peu de temps ma Dame, c'est tout ce dont j'ai besoin."



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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 25.05.16 9:50

Il hésitait ? Etrange. Intéressant. Ashara brûlait de savoir pourquoi, curiosité oblige. Mais elle voulait d’abord obtenir une réponse, même provisoire à sa requête et c’était un choix qu’il ne pouvait faire que seul, malgré tous les regards azurs et assurés qu’elle pouvait poser sur lui de manière plus ou moins insistante. Elle savait que dans sa position, n’importe qui se serait précipité pour dire oui, mais pas lui. Elle comprenait que le vagabond en lui doive réfléchir et alors qu’il parlait elle se demanda si elle avait bien fait de lui proposer cela. Que lui fallait-il de plus, était-il en traine d négocier en la flattant par des mots ventant ses grandes qualités. Non, c’était juste ce qu’il pensait semblait-il, mais alors pourquoi tant de réticence à dire simplement oui ?

Puis, elle entrevit, dans ses paroles confuses, dans sa façon de la traiter de bourreau - ce qui, sur le coup, la fit froncer les sourcils et passer d’un pied à l’autre comme si elle s’apprêtait à armer une baffe légendaire, ce qui, il est vrai avait traversé son esprit – un autre malaise. Il l’avait pourtant dit, il avait juré de protéger le faible. Elle était certes femme, mais elle n’était pas faible et avait déjà bien des gens à son service, bien des épées pour la protéger, des hommes loyaux en qui elle avait toute confiance comme les deux qui se tenaient là à son côté, et d’autres à qui elle ne confierait pas directement sa vie, mais beaucoup néanmoins. Et un château haut perché depuis lequel elle ne risquait pas grand-chose, à moins que les Dragons soient de retour. Tout compte fait, cette hésitation jouait en sa faveur. Il ne voulait pas trahir son serment pour la facilité d’une position au sein des Eyrié, elle trouvait cela plus que louable, elle trouvait plus que louable aussi le fait qu’il veuille du temps avant de s’engager, c’était la preuve qu’il ne le ferait pas à la légère et elle aimait cela.

__ Mmm, je vois. » fit-elle simplement en hochant la tête avant de regarder à droite et à gauche pour vérifier qu’il n’y avait personne. « Nous sommes en guerre Ser Will, nous n’avons pas de temps, si vous ne souhaitez pas servir le Val, alors vous êtes libre d'aller où bon vous semble ! » Elle se tourna vers son Mestre et murmura : « Discrètement, en privé. »

__ Suivez-moi je vous prie. » Dit le vieil homme après avoir hoché la tête en signe d’obéissance. Il fallait qu’il l’amène aux appartements d’Ashara en prenant des chemins détournés pour que les indiscrets de devinent pas où ils allaient.

Ashara laissa son Mestre emmener le chevalier et s’adressa à son page : « Veux-tu bien nous apporter à boire et à manger s’il te plait, assez pour nous six, mais sans préciser le nombre, seul toi doit entrer dans mes appartements. » Le gamin fit oui de la tête, ravi de cette mission secrète et fila à l’opposé dans les couloirs en direction des cuisines. Puis la brune se remit en route vers ses appartements et s’y installa avec ces hommes en attendant le Chevalier qui après avoir fait un tour par la roukerie pour se faire soigner la tête par le Mestre, redescendit par un escalier de service, passa par une chambre, puis une autre, et fut introduit dans les quartiers des Rois et Reines de la Montagne et du Val.

__ Asseyez-vous. » Proposa Ashara alors que Barristan et Creighton était déjà attablé mais attendait leur hôte et que le ventre de la brune avait été plus fort que son éducation à en juger par la position de sa cuillère sale et le trou que présentait le plat de lentilles au lard.

En effet, le temps qu’il fasse son détour avec le Mestre au pas lent de son âge, le repas avait été apporté par Elyas et le supplice pour une femme enceinte affamée insurmontable, si bien qu’elle n’avait pu s’empêcher de prendre une grosse cuillère de lentille et de l’engloutir en une bouchée.

__ J’ai de l’eau pour les pendus, mais aussi du vin et de la bière, choisissez votre poison Ser Will. »

Les autres n’attendaient que ce feu vert pour se servir et boire un coup pendant que le page remplissait l’assiette de la brune de lentilles au lard, de bouillie d’orge au jus de viande, de légumes et d’un pilon de poulet bien doré. Affamée depuis le temps qu’elle rêvait de ce repas, à savoir environs une heure à la fin de son dernier repas, elle mangea un peu le temps que tout le monde soit servi et entreprit de revenir au sujet principal :

__ Bien, je ne vous ai pas amené ici pour manger, enfin pas seulement, vous vous en doutez. » Elle but une gorgée de vin du Val, léger et peu sucré, mais néanmoins succulent. « Comme je vous l’ai dit, nous sommes en guerre et bien que je vous accorde volontiers ce temps que vous m’avez demandé, j’ai une autre proposition à vous faire. » Elle sourit et attrapa son pilon avec les doigts. « En fait, deux, si, quel que soit votre choix, vous me promettez de garder le silence. La première, c’est de rejoindre l’Ost du Val dans l’Ouest, de veiller sur mon époux, de faire plier les Vassaux de Tywin en limitant les dégâts sur la population, j’ai bien saisi que vous n’êtes ni un fin stratège ni un diplomate, mais ce n’est pas non plus le cas de mon cher époux et je crains qu’il n’ait besoin de mes conseils. Mon conseil donc, préférer l’amour à la guerre, des alliances, des mariages, il a à sa disposition bien des nobles et des héritiers de Grandes Maisons Valoise qui cherchent des épouses et si cela pouvait éviter un bain de sang, j’en serais ravie. Il ne faut surtout pas lui dire que cela vient de moi et à ne pas non plus lui proposer tel quel, mais un homme tel que vous saura trouver les mots pour convaincre un homme tel que lui, j’en suis certaine. Ma seconde proposition va peut-être vous choquer, mais nous vivons dans un monde où l’information est aussi précieuse que les épées pour maintenir l’équilibre qui permet la paix, voir plus précieuse encore. Vous continuerez donc à faire ce que vous faites de mieux : protéger le faible… tout en me rapportant tout ce que vous pourrez apprendre d’intéressant sur les rumeurs qui courent dans les régions que vous traverserez. Si je ne puis avoir votre épée à mon service, peut-être puis-je avoir vos oreilles. Evidemment, vous serez payé pour cela. » Elle but un nouvelle gorgée de vin. « Sachez que ces propositions ne font en rien disparaître la première, et le jour où vous le souhaiterez, vous pourrez revenir aux Eyrié et y trouver la place qui vous reviendra alors. »

La brune mordit dans son pilon et mâcha longuement l’énorme bouchée qu’elle venait de prendre en fixant Ser Will. Heureusement, elle avait pris soin d’étaler une serviette blanche sur son ventre arrondi pour éviter de tâcher sa robe.




   
   
   
 

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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 26.05.16 0:10

La justice des puissants
Ashara Arryn & Will Pyle
Retour à la case départ. Tandis que le page l'introduisait dans les appartements privés de lady Arryn, le chevalier réprima un sourire. Il pensait avoir été congédié mais la conversation semblait loin d'être terminée tout compte fait. Le mestre qui devait lui montré la sortie s'était montré prévenant en lui prodiguant quelques soins, et futé tant il avait réussi à noyer le poisson en le menant jusque ici. Le chevalier s'était douté que quelque chose clochait mais il était loin de s'attendre à un déjeuner secret.
La présence d'un comité restreint réfutait la thèse d'une rencontre inconvenante, certaines matrones solitaires usaient parfois de tel subterfuge pour se réchauffer aux feux d'un bellâtre de passage. De son point de vu, et bien que de passage, il n'était pas un bellâtre. Cependant certaines femmes lui trouvaient un certain charme sauvage, et il avait déjà fait les frais d'avances à peine voilées.

Dans le cas présent le point semblait tout autre. Il s'installa sur invitation, peu à son aise de toute évidence. Il accepta le repas de grand cœur et de bon appétit, l'accompagnant d'une coupe d'un vin de bonne femme un peu clairet. Il écouta tandis qu'elle s'adressait à lui, jetant de temps à autre un regard sur les deux autres hommes de la table qui faisaient un sort au repas. Ils étaient à l'aise, ce qui laissant entendre qu'elle traitait bien ses subordonnés. C'était une chose qu'il avait apprise dans l'armée, entre autre. Il frotta la suture du mestre avec deux doigts tout en grimaçant, elle le démangeait déjà. Il emporterait un souvenir du Val.

-"Merci pour le repas Lady Arryn" commença t-il "Je m'attendais pas à un tel honneur. Et pour tout dire j'ai du mal à cerné vos projets. Vous me portez un intérêt particulier et j'ignore pourquoi. Je vois deux braves chevaliers à vos côtés.." dit-il en désignant successivement l'un et l'autre de sa fourchette "Et je ne doute pas vraiment qu'ils soient l'égal d'un pauvre hère comme moi. Vous me trouvez des qualités et je pense en avoir au moins une paire. Mais est-ce que ça fait de moi quelqu'un de spécial ? Je ne crois pas. Et pourtant, nous voilà ici."

Il marqua une courte pause. Il était bien peu habitué aux honneurs et à la reconnaissance, comme un chien battu il était devenu méfiant de la plus caressante des mains.

-"Vos propositions ne me choquent pas, au contraire. J'y vois la main d'une femme respectable. Vous cherchez à sauver des vies et à protéger votre époux. Une vie, moi je vous en dois une, et j'ai juré de vous apporté mon aide si vous me la demandiez un jour. Si je me rend auprès de votre époux, il va probablement m'éconduire et me prendre pour un imposteur. Peut être même me faire battre comme plâtre. Je n'imagine pas qu'il puisse prêter l'oreille à l'un de mes conseils, vous comme moi savons bien que je ne suis pas grand chose et puisque je ne peux pas me réclamer de vous il n'a aucune raison de m'adresser ne serait-ce qu'un regard." dit-il avant d'hausser les épaules "Mais je n'en ai cure. Une parole est une parole et une dette est une dette. Demandez moi de passer au fil de l'épée tous les clans des montagnes ou d'affronter votre colosse, là, et je le ferais. Il se pourrait même que je m'en tire vivant, parce que j'ai beaucoup de chance. J'ai été un soldat alors je sais obéir sans comprendre. J'ignore pourquoi vous avez besoin d'un étranger, parce que je crois que c'est ce qui me rend spécial, mais j'aimerais autant avoir toutes les cartes en main lady Arryn. Vous m'avez fait forte impression aujourd'hui, je vous assure même si c'est difficile à croire que vous pouvez me faire confiance et être honnête au besoin."

Il déposa ses couvert et s'essuya les lèvres et la barbe avec la serviette, imitant les convives. Le faire avec la manche aurait été doublement mal perçu, le vêtement ne lui appartenait même pas.

-"Je me battrais pour vous si c'est votre souhait lady Arryn, et pas la peine de me verser le moindre salaire pour ça. Je le fais parce que je crois être en face d'une personne de bien. Je suis pas un espion, je n'ai aucun talent ni aucun gout pour ça. Je suis probablement le dernier fou dans tout Westeros à accepter de se battre dans une guerre dont il ignore tout, mais ça c'est une chose que je sais faire. Je vais prendre mon cheval et filer ventre à terre vers l'Ouest, je vais parler à votre époux et s'il m'accepte auprès de lui, je le garderais du danger au péril de ma vie s'il le faut. Nous pourrons alors considérer ma dette d'honneur réglée."

Il était fou, jusqu'au boutiste assurément. Mais l'honneur ne fonctionnait pas à la carte, ce que la plupart des "Ser" avaient oubliés. Bientôt les hommes comme lui n'existeraient plus, il le savait, car sa manière de vivre demandait bien trop d'abnégation dans un monde d’égoïste. Il allait devoir se battre dans une guerre, pour la troisième fois. Son esprit était tranquille toutefois car comme il l'avait dit, c'était une chose qu'il savait faire.


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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 29.05.16 15:32

__ Les deux chevaliers que vous voyez à ma table sont plus que de braves gardes du corps, j’ai grandi avec eux, j’ai toute confiance en eux et… » Je les considère comme mes frères « Vous n’êtes pas leur égal, là n’est pas la question. Ils le savent, et vous le savez aussi. Je ne mangerais pas avec vous s’ils n’étaient pas à mes côtés. Cependant, j’ai eu tout le temps d’apprendre à les connaitre et, en les côtoyant, d’apprendre à reconnaître un homme d’honneur quand j’en ai un en face de moi. Or, je sais pour être allée souvent à Port-Real et avoir beaucoup voyagé, que les hommes d’honneur sont plus rares et précieux que toute autre épée. Je ne vous octroie que les égards qui, le jour où quelqu’un vous donnera assez d’argent pour vous faire perdre la tête dans le but de me tuer, me sauverons peut-être la vie. » Elle sourit un bref instant avant de reprendre un air grave. « Si j’ai tort, alors je mourrais, car il ne fait pas bon se tromper quand on occupe ma position. » Elle s’adossa à son fauteuil. « Mais cessez de vous rabaisser à votre rang de naissance, cela n’a aucune importance à mes yeux. »

Ashara hocha la tête en l’écoutant répondre, il n’avait peut-être pas tort, elle n’y avait pas pensé, elle pourrait lui faire une lettre de recommandation, mais Lyonel saurait qu’il venait de sa part, cela dit, elle préférait cela plutôt que de le laisser dans la panade. De plus, le Corbray n’était pas non plus de ceux qui mettent les petites gens dehors pour rien, mais si un homme arrivait dans ses rangs venu de nulle part, il lui faudrait un certain temps pour obtenir sa confiance. Peut-être pas le meilleur plan qu’elle ait concocté, mais il fallait bien dire qu’elle s’inquiétait beaucoup de n’avoir aucune nouvelles et qu’elle perdait quelque peu la notion des réalités quand il s’agissait de lui. Après, elle restait persuadée que s’ils se rencontraient, ils pourraient bien s’entendre et qu’il ne serait pas si difficile à Will de gagner la confiance de son époux. Plus elle l’entendait et plus elle se rendait compte qu’ils avaient beaucoup en commun. Était-ce parce qu’il était un étranger qu’elle voulait le recruter où parce qu’il lui rappelait Lyonel ? La dernière phrase de ce dernier la fit soudain douter de ses propres intentions. Certes elle trouvait qu’il était un homme bien, et rien dans son attitude ne semblait le démentir. Certes elle avait tous les chevaliers qu’elle désirait à disposition, mais une épée loyale et fidèle restait une denrée rare qu’elle ne pouvait se permettre de laisser filer. Certes. Mais était-ce là tout ? Est-que cela justifiait qu’elle l’invite à sa table et qu’elle lui propose un travail malgré son premier refus ? Elle aurait simplement pu lui laisser le temps qu’il demandait, le laisser partir, pourquoi ce besoin impérieux de s’assurer qu’il reviendrait ? Elle rougit à l’idée de l’apprécier peut-être un peu plus que de raison et plus que les circonstances le demandaient, elle n’en était pas certaine, mais elle rougit tout de même.

Alors que la brune était en pleine réflexion, le chevalier en question sourit avec la bouche pleine.
__ Moi je serais pas contre un petit duel ! »
__ Si vous arriviez à tuer Barristan, Lady Ashara serais très triste. »
__ Et nous aussi, je crois qu’il nous manquerait. »
__ J’vais pas mourir ! »
__ Il nous manquerait malgré ses bêtises. »
__ Un tout petit duel de rien du tout. On s’arrête au premier sang. »
__ Si ça vous amuse, après tout… »
__ Non mais il est pas sensé récupérer son arme avant de quitter les Eyrié, et merci pour la discrétion après quoi… »
__ C’est pas faux, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour faire ça. »
__ Revenons à nos moutons. »
__ Ma Lady ? »
__ Oui ? »
Ashara n’avait rien suivi de la conversation, elle semblait sortir d’un songe et but une gorgée d’eau pour se laisser le temps de retrouver ses esprits. « Je tiens à préciser que vous n’avez aucune dette envers moi, je ne vous ai pas sauvé la vie, je vous l’ai laissée parce que vous ne méritiez pas de la perde, et vous, vous avez débarrassé le Val d‘un meurtrier et d’un voleur, je pense donc très sincèrement que nous sommes quittes. Si vous le souhaitez, vous pouvez partir et ne jamais revenir et si vous avez besoin d’un travail, vous savez à quelle porte frapper. C’est aussi simple que cela, je sais que les chevaliers errants ont parfois des difficultés à trouver un employeur. »

La brune avait parlé sur un ton très sérieux, limite froid, mais sans oser le regarder dans les yeux et, pour se donner une contenance, elle n’avait cessé de touiller les lentilles qui restaient dans son assiette. Elle était à la fois vexée et décontenancée. Elle n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse quoi que se soit, le seul qui faisait cela était Lyonel et Ser Will lui faisait penser à Lyonel. Elle aimait son époux plus que de raisons aussi, plus qu'elle n'avait jamais aimé, il lui manquait terriblement, elle n'avait pas besoin de Will, elle avait besoin de lui, mais alors pourquoi s'acharner ? Peut-être justement parce qu'il résistait ? Parce que son refus la vexait ? Elle ne trouvait pas de réponse à ses questions silencieuses.

__ Tout travail mérite salaire, il n’y a aucune raison que vous n’en perceviez pas si vous travaillez pour moi, vous en percevrez un aussi si vous intégrer les rangs de l’ost de mon époux, cela va de soi. Cela ne vous rendra pas riche, mais vous permettra de survivre le temps de trouver quelqu’un d’autre pour vous engager. »

Ashara, marqua un arrêt. En fait, le chevalier venait d’accepter de veiller sur Lyonel sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle le regarda et cligna des yeux plusieurs fois pour être sûre de ce qu’elle venait d’entendre. Geste inutile, mais qui lui permit néanmoins de mettre un peu d’ordre dans ses idées.

__ Merci » fit-elle un peu surprise qu’il ait finalement accepté. « Je vous ferais une lettre de recommandation signée de la main au cas où il refuse de vous intégrer dans ses rangs. Vous y retrouverez aussi mon grand-père Lord Yohn Royce et mon oncle Robar Royce à qui vous pourrez dire la vérité et sur qui vous pourrez vous appuyer pour vous faire entendre. »

Quant aux cartes qu’il avait demandé, elle ne comprenait pas très bien de quoi il s‘agissait, elle lui dit néanmoins ce qu’elle pensait :

__ Cette guerre est injuste, autant que toutes les autres guerres qui ont pu secouer les Sept Couronnes depuis des siècles. Il s’agit toujours de petites gens qui meurent pour que les puissants gardent leur pouvoir, leur argent, leurs terres ou leur soit disant honneur et si je n’y suis pas étrangère, je regrette la tournure qu’elle a pris et souhaite y mettre un terme au plus vite et limiter les dégâts. Il y a eu assez de morts pour ce foutu Trône de Fer. »




   
   
   
 

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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 08.06.16 8:41

La justice des puissants
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Elle avait rougit. Fugacement, imperceptiblement, mais elle avait rougit. Il était difficile de se composer un masque impénétrable et plus difficile encore de le maintenir malgré les circonstances. Était-ce du à la présence de l'un des deux chevaliers à ses côtés ? Peut être nourrissait-elle des sentiments secrets à l'égard de l'un d'eux. Elle était encore bien jeune, mariée et bientôt mère. Les femmes de la noblesses n'étaient bien souvent qu'une page blanche sur lequel se signait des traités d'alliance entre les grandes Maisons, Lady Arryn ne faisait probablement pas exception à la règle aussi il n'était pas étonnant qu'elle ait épouser un homme mais en aime un autre. L'amour appartenait aux jeunes et aux riches, et elle était les deux à la fois.

Lui n'avait jamais eu le loisir d'aimer. Il s'était engagé très jeune dans l'armée le peu d'amour qu'il avait reçu dans sa vie, il avait du le payer. Personne ne l'attendait quelque part, c'était peut être là que résidait le secret de sa témérité. Etait-il brave ou désespéré ? Il se posait la question depuis vingt ans sans en trouver la réponse. Aussi loin qu'il s'en souvienne il avait toujours eu le syndrome du chien perdu, s'attachant à la première main caressante qu'il rencontrait. Il se créait des dettes et des liens imaginaires qui le rattachait à d'autres, homme ou femme, dans l'intention d'exister à leurs yeux. Lady Arryn avait rendu la justice, c'était louable, mais cela meritait-il qu'il aille mourir pour elle ? Cette fois encore il avait été sa propre victime et cela le mettait à présent en colère. Il serra les mâchoires et balaya toutes ses élucubrations, il réfléchissait trop comme d'habitude. Il avisa le grand chevalier du regard.

-"Vous me voyez contraint de décliner votre proposition Ser. Je n'ai pas appris à me battre dans la cour d'un château, mais sur le champs de bataille. Je n'ai jamais tiré mon épée autrement que dans l'intention de défendre ma vie et maintenant que nous servons la même maîtresse, je n'ai aucun intérêt à blesser un frère d'armes, même temporaire"

Il était volontairement présomptueux, à l'égal du grand blond. L'homme lui était probablement supérieure en allonge et en force brute, mais il était plus mobile et plus vicieux, s'ils en venaient à s'affronter un jour il savait de quelle manière il le battrait. De manière générale, le chevalier n'avait que peu d'estime pour ceux qui glorifiait les armes et la guerre. Il avait tuer des hommes dans deux d'entre elles et les horreurs dont il avait été témoin le hantait toujours. Ce grand butor devait être le genre d'homme à donner un nom à son épée. S'il avait la chance d'avoir un jour un fils, il ne le laisserait pas devenir ce genre d'homme là.

-"Lady Arryn, faites faire cette lettre dont vous me parlez et je partirais aussitôt ce repas terminé." il se saisit de sa cuillère avant de relever la tête "Ah...et heu...merci pour vos gentils compliments." dit-il avant de se replonger dans son assiette, le front bas à la manière des paysans. Il se sentait ridicule sous le regard de ces gens, avec ses grosses mains de fermier à qui les cuisines auraient mieux convenues. Il avait hâte de retrouver la route pour réfléchir au pétrin dans lequel sa naïveté l'avait encore fourré.


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MessageSujet: Re: [Eyrié] La justice des puissants 11.06.16 23:15

L’amour, l’amour, qui pouvait se permettre d’aimer ? Ashara avait dû renoncer à l’amour, à Robb, pour être promise à Robin, un enfant, son cousin, puis mariée à Lord Corbray, un rustre qu’elle avait hait toute sa jeunesse. Mais elle l’avait retrouvé, en la personne de Lyonel et contre toute attente. Ces deux-là avaient réussi à tirer le meilleur de l’autre et à s’aimer, comme des adolescents, et plus fort encore avec les épreuves qu’ils avaient traversées. Ainsi alors que son existence aurait pu être vouée au devoir et au chagrin, il semblait qu’un avenir radieux s’offrait à elle, un avenir emplis d’amour, d’enfants, d’amis, comme Barristan et Creighton. Il lui manquait, et qu’importe que Ser Will lui ressemble, ça n’était pas pour cela qu’il était là en y repensant, c’était simplement parce qu’elle aimait s’entourer de gens bien, et qu’il était un homme bien, aussi simple que ça et sans arrière-pensée. De toute façon, même si elle l’avait détesté elle ne l’aurait pas trompé, c’était du moins ce qu’elle se disait, par devoir elle serait restée fidèle, lui aurait fait des enfants et voilà tout. Si simple à dire et à se promettre pour une jeune fille qui n’avait pas connu le véritable amour avant de rencontrer son époux et qui n’avait finalement pas dû renoncer longtemps au bonheur et qui n’avait jamais connu d’autres hommes, bien qu’elle ait faillit... Elle n’aurait peut-être jamais à se confronter à cette promesse, elle l’aimait cela rendait les choses bien plus faciles, elle ne sacrifiait en rien son bonheur son devoir. Là tout de suite, elle voulait le retrouver, lui et seulement lui, personne d’autre, qu’il la serre dans ses bras et l’embrasse comme il en avait le secret, qu’il…

Elle rougit de plus belle. Un frisson venait de parcourir son échine à l’idée de retrouver Lyonel. Elle était confuse qu’une telle pensée ait pu lui traverser l’esprit en cette occasion qui s’y prêtait si peu, mais cela ne vint que confirmer qu’elle n’avait de désir que pour lui. Encore maintenant, encore et toujours, dès qu’elle y pensait, et plus encore quand il lui manquait. Posa la main sur son ventre et eut un petit sourire, le bébé venait de donner un coup de pied, comme à chaque fois qu’elle pensait à son père. Elle n’écoutait plus vraiment ce qui se disait, elle était perdue dans ses pensées entre Lyonel, dont elle ne pouvait s’empêcher de rêver le retour et l’enfant qu’elle portait et dont il serait fier, car, elle en était persuadée, c’était un fils.

Barristan perdit son sourire à la réponse de Will, il était vexé, il aimait beaucoup se battre et plus encore les duels, que ce soit pour défendre sa Lady ou pour s’amuser. Il émit un bref grognement.

__ Je vois, on a affaire à un mec qui sait s’éclater dans la vie, un mec plein de bonne humeur qui saura égayer vos soirées et doté d’un grand talent pour s’intégrer à vos hommes. C’est pas possible d’être entouré de gros rabat joie comme ça, vous faites exprès ma Dame, j’te jure. Il va bien s’entendre avec Creighton et Raymar, putain de merde, trois mecs tellement à cheval sur les principes qu’ils doivent en avoir mal au cul à force. Pardon ma Lady, mais vous êtes sûre de le vouloir à vos côtés ? Il est aussi marrant qu’une porte de prison et je pourrais mal prendre qu’il me rabâche que je suis de la bleusaille niveau bataille. Je suis fier de servir la Dame du Val et plus fier encore d’avoir grandi avec elle et d’avoir renoncé à me barrer dans l’ouest pour la protéger aux Eyrié, même si on s’emmerde… un peu… parfois… »

Certes il n’avait jamais connu de champ de bataille, mais il avait toujours servi Ashara avec loyauté et du mieux qu’il pouvait, et ce par amour, un amour fraternel, et non par devoir par sens de l’honneur, par syndrome du chien perdu manquant de caresse. Et entre autre défaut, il était assez soupe au lait. Ashara, revenue au cœur de la conversation grâce à la réaction de son épée lige, posa sa main sur le poing serré du grand chevalier.

__ Calmes toi Barristan, s’il te plait. Je n’ai pas envie que vous vous battiez, encore moins pour de vrai, il a été maladroit, mais c’était plutôt gentil pour moi. Quant à égayer mes soirées, heureusement mon ami, tu es là pour me faire rire et parfois, même Creighton et Raymar me font sourire. »
__ Je sais pas comment je dois prendre ça… » Creighton sourit et la brune lui rendit son sourire brièvement avant de reposer son regard sur le grand blond.

La jeune femme souriait tendrement à Barristan qui desserra le poing mais jeta un regard noir à Will. On aurait peut-être pu croire qu’il se passait quelque chose entre eux, mais ça n’était qu’une sœur parlant à son frère, même s’ils ne portaient pas le même nom et n’étaient pas du même rang, ils avaient trop partagés pour ne pas se considérer comme tels et s’aimer l’un l’autre plus que des amants. Cette relation platonique ne choquait pas Creighton, ni Mestre Udo, même si le jeune brun tiqua et observa la réaction de Will car il n’aimait pas que sa Lady dévoile ainsi devant témoin ses faiblesses et la proximité qu’elle entretenait avec ces Gardes Ailés, lui compris. Il trouvait ça aussi dangereux qu’indécent et n’avait aucune envie que des rumeurs circulent au sujet de l’honneur et de la fidélité d’Ashara. Cela pourrait lui porter préjudice, mais surtout parce qu’il ne saurait tolérer qu’on la traite de putain et tuerait quiconque oserait sous-entendre une telle chose en sa présence, et il savait parfaitement que son acolyte ferait de même, ce qui ferait beaucoup de morts inutiles.

__ Je ferais la lettre dans l’après-midi, et vous, vous partirez demain, on ne descend pas la montagne au crépuscule. De rien Messer. »

Ashara le regarda manger un instant avant de reprendre à son tour, certes avec plus de grâce, mais pas moins d’appétit, bien au contraire. Creighton mangeait comme un Lord, Mestre Udo plutôt proprement, le page aussi, en revanche, Barristan faisait des efforts, mais il n’était pas plus à l’aise que ça avec les couverts et le fait de se tenir droit sans en mettre partout.

__ Hum… si je ne vous connaissais pas, je jurerais que vous voulez fuir cet endroit au plus vite. »

Elle était un peu triste de ressentir cela, elle faisait tout pour qu’il se sente à l’aise, mais cela ne fonctionnait pas et elle craignait qu’il ne garde pas un bon souvenir de son séjour aux Eyrié, ni d’elle. Or, comme toute jeune femme, elle aimait être aimée, elle n’agissait pas seulement dans ce but, mais quand elle appréciait quelqu’un elle voulait qu’il l’apprécie à son tour et faisait en sorte que ça soit le cas. Quand elle rendait un service, elle n’attendait rien d’autre qu’un peu de reconnaissance, c’était humain et elle ne pouvait pas comprendre un malaise qu’elle n’avait jamais ressenti, se sentir inférieur, ça n’était pas un sentiment qu’il l’avait ne serait-ce qu’effleuré.




   
   
   
 

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[Eyrié] La justice des puissants

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