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Uchronie du Trône de Fer de George R.R. Martin. Venez incarner un riche Lord, un noble chevalier, un seigneur ruiné ou un roturier dans le Royaume des Sept Couronnes !

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Azalée

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Personnage
Age du personnage:
Surnom:
Métier/Titre(s):

« L'Ecureuil »

Copyright : Poison Ivy
Corbeaux : 36
à Westeros depuis : 21/06/2016
MessageSujet: Azalée 21.06.16 16:38


Azalée


feat. Eleanor Tomlinson
« Nous ne faisons ça que par nécessité. »








©Poison Ivy

Personnage

Appartenance : Terres de l'Ouest
Age : 19 ans
Métier/Titre : Bandit
Situation familiale : Orpheline
Famille : - Sa mère, Eglantine, morte depuis 12 ans
- Son père, Demetas, mort depuis quelques mois
Allégeance : Plus aucune
Rang spécial : L'Ecureuil



Histoire

Domaine Brax, forêt - Maegoron de l’année 299

Aucune fumée ne sortait des maisonnées. Aucun mouvement n’agitait le village à la vérité, et cela faisait maintenant plusieurs minutes qu’elle le fixait en silence. Il ressemblait en tout point à l’endroit qu’elle avait quitté voilà un mois. Azalée reconnaissait la grange, salle immense qui servait à réunir les villageois quand décision devait être prise, et qui servait aussi de septuaire improvisée quand un des religieux itinérants faisait halte dans la région. L’une des deux portes étaient effondrées sur l’autre, le cadre défoncée. Elle avait toujours été vermoulue. Quelques pas plus loin, la maisonnée du forgeron paraissait intacte, de même que la grande ferme un peu excentrée, et elle inspecta ainsi chaque maison en terminant par la sienne. Tout aussi excentrée, la petite baraque tenait toujours debout, mais de l’herbe avait poussée jusqu’au perron. Au fond d’elle, un rire gras retentissait.

- Hoy ! Tu vois que’que chose, gamine ?

La voix puissante la tira de ses pensées et l’obligea à baisser les yeux. Au pied de l’arbre se tenait Hostedior, un grand sourire aux lèvres et les deux mains posées sur les hanches.

- Rien de spécial, boss. Pas âme qui vive.
- Alors descends de là, on va y aller.


Avant d’obéir, la jeune femme prit le temps de regarder une dernière fois. Le village avait l’air trop paisible pour être réel. Comme si ces derniers mois n’avaient pas existé. Elle s’autorisa un bref sourire et tendit le bras pour descendre d’une branche. Agile et souple, Azalée se glissa de rameaux en rameaux jusqu’à sauter à terre. Le vieil homme s’était déjà retourné et elle le suivit pour rejoindre un petit feu de camp. Une poignée d’homme était installée là, les yeux rivés sur deux lapins bien dodus qui rôtissaient lentement au-dessus du feu.

- Te rev’là déjà, l’écureuil. On a préparé le dîner, à toi la première part ?

Elle haussa un sourcil, un rictus sur les lèvres. C’est que ces hommes ne l’avaient pas habitués à pareille politesse. C’était des soudards, des brutes, des brutes sympathiques certes mais loin d’être les plus brillantes.

- Vous commencez à devenir galants ou je me trompe ?
- Tu t’plantes. C’toi qui les as attrapés, c’est à toi de bouffer en premier.


Évidemment. La notion la fit sourire et son regard bleuté se tourna vers les lapins en train de cuir. Sur l’un d’eux, elle pouvait encore voir le trou causé par la flèche, dans son flanc soigneusement dépecé. Un tir précis…

- - -

Domaine Brax, forêt - Daenysas de l’an 292

Son père la souleva de terre pour l’empêcher de faire le moindre bruit alors qu’ils franchissaient les ronces. Malgré sa taille et le poids de sa fille dans les bras, il parvenait à ne produire aucun son, le temps qu’ils en sortent. Demetas reposa sa fille sur le sol et lui offrit un grand sourire qui fit voler les poils de sa moustache rousse. Elle faillit lui rire au nez, avant de se rappeler de l’ordre sur le silence et de poser les mains sur ses lèvres. Il n’en sourit que d’avantage et lui fit signe de la suivre alors qu’ils avançaient accroupit dans la forêt. Leur petite balade dura encore quelques temps, avant que le pisteur ne lui fasse finalement signe de s’arrêter. Du doigt, il désigna une silhouette dans le lointain. Azalée dut plisser les yeux pour reconnaître un chevreuil, plutôt petit, en train de paître en silence.

Demetas attrapa son arc et le tendit délicatement, calant la flèche entre ses doigts pendant qu’il visait avec soin le flanc de la bête, là où la flèche pourrait pénétrer sous la patte et percer le coeur. Puis, une fois sûr de son coup, il débanda doucement et tendit l’arme à sa fille. Ses lèvres formèrent les mots “Ton tour” en silence. Elle acquiesça.

De son mieux, la jeune fille imita le geste de son père. Cela faisait maintenant plusieurs années qu’il l’emmenait avec lui plus souvent que de raison lors de ses excursions forestières. Depuis le retour de l’été en fait, mais ce n’était que depuis un an qu’elle avait le droit de tenir l’arc et de viser à son tour. Son père tenait à ce qu’elle soit capable de reprendre son travail s’il devait mourir prématurément. En tant que chasseur du village, il devait s’assurer que la viande ne manquait jamais et le destin l’avait privé d’un héritier mâle. Depuis que le septon avait parlé de cette veuve dans le village voisin, il envisageait de se remarier, mais il lui fallait être certain que quelqu’un serait capable de ramener de la nourriture au foyer.

Une fois sa prise assurée, la jeune fille fit un discret signe de tête. Demetas pencha le nez sur elle pour vérifier ses doigts, ses épaules et la tenue de son corps. Il eu une moue satisfaite, puis se pencha encore pour vérifier où elle visait. Délicatement, il décala un peu la tête de la flèche. À la vue de la moue déçue de sa petite fille, il lui posa un baiser sur le front, puis reprit l’arc. Le chasseur prit la pose mais un craquement retentit à côté d’eux. Le chevreuil releva le nez.

La flèche partit.

- - -

Domaine Brax, forêt - Maegoron de l’an 299

Alors que le reste de la petite compagnie profitait du repas, le regard d’Azalée s’égarait dans la forêt. L’endroit lui avait parut effrayant pendant longtemps, car c’était là que, selon sa mère, Demetas combattait les monstres qui leur permettait de manger. Eglantine avait toujours eu le don de raconter des histoires, y compris sur la forêt alors qu’elle la connaissait comme sa poche. Là où son mari était chasseur et nourrissait le village, elle cueillait bais et feuilles pour soigner les maux. Il aurait été naturel que ce soit elle qui emmènent leur fille en forêt une fois suffisamment vieille pour apprendre les noms des différentes plantes. Le destin en avait décidé autrement, Eglantine avait commencé à avoir chaud pendant le très bref hiver de 287, elle toussait et délirait sans qu’aucune plante ne puisse soulager quoi que ce soit. Puis elle les avait quitté.

C’est quelques mois plus tard que son père l’avait emmené pour la première fois et depuis les frondaisons ne lui inspiraient plus la moindre crainte. Elle avait même appris à y grimper sans mal, pendant que son père posait les pièges pour les lapins.

- Si vous avez fini de vous empiffrer, on va y aller.

Hostedior se tenait debout auprès du feu, sa grosse barbe inquiétant presque Azalée alors qu’elle se baladait si près des flammes. Il avait, comme toujours, l’air d’un agréable bonhomme avec sa grosse bedaine et son double menton rieur. Gamine, elle allait souvent lui rendre visite pour le taquiner et il la récompensait toujours avec des friandises. Il ne fallait pas s’y tromper cependant, derrière son allure débonnaire, il avait des bras de deux fois la taille des cuisses d’Azalée, capable de plier l’acier comme les os. Forgeron du village, il avait cette force brute que l’on développait souvent à force de battre le fer. Il avait aussi pris l’habitude de hurler au-dessus des fourneaux, ce qui rendait sa voix forte en permanence et l’imposait naturellement comme un chef. Rien d’étonnant à ce que la petite bande exécute tout ce qu’il disait.

Première debout, Azalée se glissa jusqu’à l’orée de la forêt pour jeter un nouveau coup d’oeil mais il n’y avait toujours rien. La petite troupe avança donc à découvert, la jeune femme restant prudemment aux côtés de l’immense forgeron. Depuis quelques mois, il se comportait d’autant plus comme un père avec elle, mais après tout, il n’avait pas été loin de le devenir, d’une certaine façon.

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Domaine Brax, village sans nom - Velenas de l’an 296

La flèche aux plumes blanches toucha le tronc entre les deux premiers cercles tracés à la craie. Un bien meilleur score que sa compagne plantée au pied de l’arbre, dans une racine, mais c’était toujours loin de la flèche aux plumes noires, plantées en plein centre de la cible. Azalée ne se fit pas prier pour le faire remarquer après un grand rire.

- Du nerf, Janos ! Encore une dizaine comme ça et tu arriveras à me battre !

Le jeune homme grogna quelque chose à propos d’un écureuil et d’une pucelle. Il se retourna pour prendre sa dernière flèche, plantée dans une vieille souche. C’était sa dernière et il se doutait déjà qu’il ne réussirait pas à faire bien mieux. D’autant plus avec le sourire goguenard que lui lançait la jeune fille. De quelques mois son cadet, le fils du forgeron dépassait pourtant Azalée de deux bonnes têtes, il était parti pour devenir un géant comme son père. Elle se souvenait pourtant très bien qu’à une époque, elle le dépassait encore et puis sa croissance s’était enfin décidée à venir, alors que la sienne avait décidé qu’à 16 ans, elle ne grandirait plus. D’abord boudeuse, elle s’était faite à cette déception, d’autant que ça n’empêchait pas Janos de lui jeter de plus en plus de coup d’oeil.

Devenu l’apprenti de son père il y a deux ans, Janos se montrait plus habile à la chasse qu’à la forge et c’est pourquoi leur deux parents s’étaient entendus sur cette décision. Hostedior avait un autre fils qui reviendrait bientôt du château Brax où il était devenu l’apprenti du forgeron local, il n’avait donc pas besoin d’enseigner à Janos. Quant à Demetas, depuis que son projet de remariage était tombé à l’eau, il avait décidé que deux apprentis valaient mieux qu’un et emmenaient donc les deux adolescents dès que possible en forêt. Ni l’une ni l’autre ne se plaignait de cet arrangement. Azalée avait toujours été amie du fils du forgeron. Quoique récemment, les choses avaient changés avec la croissance des deux enfants. Le regard posé sur elle par Janos était différent. Plusieurs fois, il avait tenté de l’emmener s’amuser dans la paille et plusieurs fois elle s’était défilée à lui. Le plus simple restait encore de le défier à l’arc, car s’il commençait à maîtriser la traque autant que son père, il n’avait pas l’entraînement de la jeune fille pour tirer.

Systématiquement, elle le battait, et systématiquement elle s’en amusait grandement. Cela lui donnait en plus un entraînement supplémentaire dont elle n’était pas peu fier : il y a encore une semaine, elle avait réussi à mettre dans le mille en touchant un beau chevreuil. Il avait été partagé dans le village, et son père avait conservé la peau. Ils commençaient à avoir une belle réserve à la cave, entre les peaux et les fourrures.

- Ah ! Regarde celle-là !

Janos sautait presque de joie, pourtant sa dernière flèche s’était plantée à près de trois pouces de la sienne. Il était encore très loin d’atteindre son niveau, mais elle le félicita tout de même d’un sourire, avant de tournoyer pour esquiver le baiser qu’il tenta de lui offrir, lui volant l’arc au passage.

Azalée attrapa ses propres flèches et banda la corde. En quelques secondes, deux flèches noires vinrent rejoindre celles déjà au centre.

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Domaine Brax, village abandonné - Maegoron de l’an 299

Ils avaient atteint les maisons mais ne découvrirent rien de plus que ce qu’Azalée avait observé depuis son perchoir. L’endroit avait été complètement vidé. La forge était dépourvu de tous les outils, de tout le fer, les gonds avaient même été arrachés à la porte. Il en était de même pour la grange, dont les portes étaient tombées cette raison. Hostedior comme Azalée refusèrent d’y entrer, de peur que les planches vermoulues ne s’effondrent sur eux mais un membre de la bande y alla quand même. Il revient bredouille, mais vivant, et Azalée décida que c’était une bonne chose. Plantée au milieu du village, qui n’avait jamais eu de nom et n’en aurait jamais, elle regardait fixement une maison excentrée, où elle avait grandi.

Au fond d’elle, une minuscule part espérait voir la porte s’ouvrir sur un grand bonhomme dégingandé, à la moustache rousse fournie et au sourire ravageur. Elle savait malheureusement qu’il n’y avait aucune chance. Son père avait quitté ce monde il y a des mois maintenant. Et l’image de la maison qu’elle voyait à présent était sans doute la dernière image du village qu’il avait eu. C’était il y a presque un an à présent, le Mèredi de la dernière semaine de Lorenyr, Demetas était parti avec un ami marchand pour Port-Lannis. Il espérait vendre là-bas une partie de ses peaux pour rapporter l’argent au village. Ce serait une petite réserve qui pourrait servir à tous, le jour où un autre marchand s’arrêterait dans le coin. L’idée paraissait alléchante, d’autant qu’ils avaient accumulés avec les années de quoi se faire un beau pactole, selon l’ami de Demetas.

Il avait proposé d’emmener Azalée aussi, arguant qu’avec son minois, elle pourrait se trouver un bon mari à Port-Lannis. Qu’il ne serait sûrement pas très riche, mais que ce serait mieux que tout ce qu’elle pouvait trouver ici et qu’elle vivrait mieux au port. Son père lui avait demandé son avis à l’époque et si elle se souvenait avoir hésité, elle avait tout de même préféré rester ici. C’est qu’ils avaient déjà parlés mariage avec Janos, même si rien n’avait été encore officialisé. Azalée avait du mal à se faire à l’idée, car elle ne voyait en Janos que le gamin qu’elle dépassait encore il y a des années, mais après tout il aurait sans doute fait un mari convenable. Une bonne alliance pour le village, et elle voulait rester dans le coin, près des bois qu’elle connaissait le mieux.

Aujourd’hui encore, elle ignorait si elle aurait mieux fait de partir ou de rester ici.

Si elle était partie avec Demetas, peut-être aurait-elle connu un sort similaire, quel qu’il soit. Les Fer-nés avaient attaqués la ville peu de temps après, même si la nouvelle était venu au bout de deux semaines. Pendant des mois, elle avait attendu, seule dans la maison familiale, dans l’espoir qu’il revienne. Chaque jour, elle partait en forêt chasser, dans l’espoir de le voir débarquer au détour d’un tronc d’arbre. Hostedior venait la voir souvent, pour s’assurer qu’elle mangeait bien et qu’elle ne faisait pas que travailler. Janos, beaucoup moins, par peur de lui causer du tort selon son père, mais ça n’avait pas beaucoup plus à la jeune femme à l’époque.

Elle se souvenait d’avoir beaucoup pleuré et encore aujourd’hui la douleur était présente, mais elle avait tenté de faire comme son père avait fait à la mort d’Eglantine. Azalée s’était plongée dans le travail, en oubliant le reste. Elle avait chassé assez de lapins pour nourrir le village pour quelques mois. Un temps, elle avait cru pouvoir ramener un sanglier, ce qui aurait contraint le village à organiser un festin pour fêter ça, mais la bête s’était enfuie avec trois flèches dans le corps et elle ne l’avait jamais retrouvé, le temps de descendre de l’arbre.

Hostedior s’était comporté comme un père pour elle, surtout parce qu’il comptait encore devenir son beau-père. Aujourd’hui, tout cela devait lui sembler bien futile. Autant à lui qu’à elle.

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Domaine Brax, village sans nom - Aenarys de l’an 299

Tout le village était assemblé, et les questions fusaient les unes après les autres. L’homme en armure au centre du rassemblement tentait de répondre comme il pouvait. À ses côtés, des soldats en tenue plus légère regardaient de tous les côtés comme s’ils avaient peur d’être encerclés. Azalée se demandait bien pourquoi, ils avaient des lances et des épées, alors qu’eux n’avaient que des coutelas pour les rares armés, pourtant ces soldats semblaient sur le qui-vive.

- Comment ça, Lord Tywin ? C’est vrai alors ? Qu’c’est de l’or qu’est sorti d’lui ?
- Mais non ! Il est transformé en lion, qu’c’est un soldat qui m’a dit !
- Mais du coup, pourquoi on s’bats ?

- SILENCE !


L’homme en armure était un chevalier à n’en pas douter, et sa voix portait bien une fois qu’il se décidait à crier. Sur son torse était plaquée une tête de licorne stylisée et violette, mais Azalée n’aurait pas deviné qu’il s’agisse de cet animal s’il n’y avait pas eu la bannière qui flottait au-dessus du petit groupe de soldat.

- Je ne suis pas venu vous faire un rapport, continua le chevalier. Oui, Lord Lannister a été trahi à Castral Roc par les troupes royales. Notre suzerain, Lord Andros, ne peut pas laisser une telle injure impunie. Il a juré de faire payer à l’armée royale et vous allez l’y aider, gueux. Je ne veux ni vous déposséder, ni vous affamer, mais j’ai ordre de réquisitionner ceux d’entre vous en âge et en état de se battre.

Azalée, comme d’autres dans le village, restait perplexe quant aux explications fournies sur cette fameuse bataille. Ils entendaient tout et n’importe quoi à ce sujet, et rien ne semblait faire de sens. N’étaient-ils pas tous venu pour libérer l’Ouest des Fer-nés qui sévissait ? Et sinon, pourquoi s’attaquer à Lord Tywin, qui avait été leur suzerain si longtemps ? Quelques crieurs au service du château Brax étaient venus plusieurs fois depuis, mais chaque fois l’histoire semblait faire un peu moins sens. On pouvait trahir un roi, mais comment un roi pouvait vous trahir ? La jeune femme finit par abandonner l’idée de comprendre tout cela. C’était des affaires de Lord et ces affaires là ne concernaient que les Lord. Jusque là, le seul Lord auquel ce village avait eu à faire, c’était Lord Brax, qui leur fournissait protection en échange de quoi une partie des productions du village était envoyé au château régulièrement. C’était simple et ça posait problème à personne.

Aujourd’hui, cependant, la jeune femme comprit qu’il en serait autrement désormais : quand elle vit Janos rejoindre les soldats et faire inscrire son nom sur une feuille de parchemin. D’autres hommes du village suivirent, les uns après les autres, jusqu’à ce qu’il ne reste que les femmes, les vieillards et les enfants. Hostedior tenta bien de s’avancer mais le chevalier l’arrêta d’une main.

- Pas toi, vieil homme. Tu m’as l’air fort, et brave. Ton village aura besoin de quelqu’un comme toi, je ne veux pas vous laisser sans défense.

Il y eu un bref échange de regard avec son fils, puis le forgeron acquiesça et recula de quelques pas.

Le soir venu, tout le village était venu dire au revoir à ces hommes, sans que tout le monde ait vraiment compris ce qu’ils allaient faire exactement. Janos avait l’air encore plus grand dans le début d’armure de cuir qu’on lui avait donné, mais l’arme à sa ceinture lui donnait une démarche un peu bizarre. Ce fut la dernière image qu’elle eu de lui, mais aussi de beaucoup de ses amis et connaissances du village.

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Domaine Brax, village abandonné - Maegoron de l’an 299

Ils avaient fouillés la zone de fond en comble, mais comme ils se l’étaient imaginés, l’endroit avait été entièrement vidé. Il n’avait pas fallu un mois pour que les derniers survivants du petit village se décide à fuir l’endroit pour trouver refuge là où ils pourraient reprendre une vie correcte. Azalée ne leur en voulait pas ; il n’y avait ici plus rien pour eux, ni pour personne. Avec le siège du château Brax qui avait duré plus d’un mois, beaucoup de village des environs avaient soufferts. D’abord à cause de la campagne de recrutement lancé en amont, qui avait privé les hameaux de leurs bras, mais aussi du fait de ce qui était arrivé ensuite.

Azalée se souvenait de plusieurs blasons, mais aucun qu’elle ne reconnaissait. Ils étaient arrivés plusieurs semaines après que Lord Brax ait mobilisé ses troupes et disaient ne vouloir aucun mal aux habitants. Leur accent était bizarre et Hostedior lui avait appris qu’ils venaient de l’est, du Val d’Arryn. Ainsi, le blason à la lune et à l’oiseau était le symbole de cette maison, qui était l’équivalent des Lannister, mais dans l’est. La jeune femme avait trouvé ça bizarre, car un autre blason souvent croisé était celui de trois oiseaux d’une autre couleur. Pourquoi fallait-il qu’ils aient tous choisis des oiseaux comme symboles ? Parce qu’ils vivaient dans les montagnes ?

Au début, ils avaient fait exactement ce qu’ils prétendaient : ils ne faisaient que passer. Ils posaient aussi quelques questions mais les braves gens du village étaient bien incapable d’y répondre. Et puis, comme le siège continuait et que la situation ne changeait pas, on voyait de temps en temps arriver quelques patrouilles. Elles posaient de plus en plus de question, puis se mirent à demander si le village pouvait partager un peu de ses réserves, car il ne fallait pas épuiser toutes les réserves des troupes. Ils promirent que le remboursement viendrait si les habitants coopéraient sans faire d’histoire. Un peu réticent, ils se sentirent bien forcé d’accepter, Azalée tenta même de multiplier les sorties pour ramener un peu plus à manger mais rien n’y faisait. Le travail au champ devenu plus difficile, les réserves s’amoindrirent d’autant plus vite, jusqu’à ce que toute la viande séchée soit épuisée.

Le siège prit fin au bout d’un mois. Ils virent d’abord passer les troupes du Val, au loin, mais personne ne vint leur rembourser quoi que ce soit. Puis revint Bruno, le tenancier de la seule auberge du village. Il fut pressé de question toute la soirée, mais une seule réponse occupa l’esprit d’Azalée et de bon nombre dans le village : il était le seul à revenir. Pas un des autres n’avaient survécu, sinon un collègue qui, selon Bruno, avait perdu la jambe. Il était rester près du château, mais reviendrait peut-être un jour. Ce n’était pas Janos. Pire encore, le second fils du forgeron avait lui aussi été occis dans l’assaut du château. Se comptait aussi aux nombres des victimes le seigneur Andros lui-même, mais personne n’en avait rien à faire à ce moment.

Ce jour-là, ce fut au tour d’Hostedior de pleurer tout son saoul et à Azalée de le consoler de son mieux et de rester avec lui.

Quand elle y pensait, c’était encore ce qu’ils faisaient tous les deux aujourd’hui. Ils se soutenaient l’un l’autre. Raison pour laquelle, quand la nuit commença à tomber, ils trouvèrent tous deux refuge dans la vieille forge, alors que la petite poignée d’homme se dispersait dans le reste du village. Elle allait dormir dans le lit qui servait avant à Janos, et ne savait trop comment le prendre. Hostedior resta silencieux une bonne partie de la soirée, alors qu’il grignotait dans la pièce à vivre.

- On aurait peut-être pas dû partir, finit-il par lâcher.
- On avait pas le choix, boss. Il n’y avait plus de bouffe et toute seule je pouvais pas nourrir tout le monde. Il nous fallait quelque chose pour tenir le temps que les récoltes arrivent.

Elle essayait de se convaincre elle-même autant que lui. Bien sûr, elle aussi s’en voulait d’être partie, il y a maintenant presque deux mois, mais ils n’avaient véritablement pas le choix. C’était le forgeron qui avait proposé l’idée de vendre le peu de peaux qu’il leur restait, et pour ça de trouver un marchand. De là, ils pouvaient sûrement acheter de la nourriture. D’abord, Azalée s’y était fermement opposée, avant d’être convaincue à force de temps par Hostedior. Ils convinrent tout de même que les routes n’étaient pas sûres et qu’il fallait donc ne pas y aller seul, comme l’avait fait son père. Ils partirent à cinq : Azalée, Hostedior, Bruno et deux gamins à peines adolescents, mais assez forts pour porter des petites épées. Leur équipement ne payait pas de mine, sauf l’épée de Bruno qui venait du château et était donc bien mieux forgée que tout ce qu’Hostedior pouvait faire, mais il suffirait à faire fuir quelques brigands. C’est en tout cas ce qu’ils avaient pensés à l’époque.

La jeune femme faillit sourire à cette idée mais se retient. Ce n’était pas de très bon goût.

Ils n’avaient laissés ici que des femmes et des enfants, rien d’étonnant à ce qu’ils aient fuis en ne les voyant pas revenir. Elle ne pouvait pas blâmer Hostedior pour ces évènements et tenta de lui faire comprendre. Refermant ses mains sur un des immenses battoirs qui lui servait de main, elle s’exprima doucement.

- On a fait ce qu’il fallait, boss.


Elle pouvait sentir ses doigts trembler sous les siens, pourtant si frêles.

- Boss ! Appela-t-on soudain au dehors.

Ils se relevèrent d’un bond. C’était la voix de la sentinelle qu’ils avaient postés sur l’un des toits. Une seconde, Azalée s’arrêta les mains sur son arc et carquois, attendant, puis la suite vint.

- Du monde !
- Fonce
, lui ordonna Hostedior toute trace d’hésitation disparue.

Elle prit son arc et emprunta l’échelle jusqu’au toit où elle se coucha sur la paille. Au loin, elle voyait la même chose que la sentinelle : une petite lueur dans les bois. Un feu de camp. Et puis, alors que ses yeux finissaient de s’adapter à l’obscurité, elle vit des silhouettes humaines s’avancer lentement vers le village. Trois, adultes, et armés. Elle le dit à Hostedior, qui répondit d’en bas.

- Fais signe à l’imbécile d’arrêter de crier et d’aller réveiller les autres. Garde les à l’oeil et prépare tes flèches.

Azalée n’avait pas besoin qu’on lui dise de le faire pour cette dernière partie. Elle fit signe à leur complice, qui s’esquiva doucement jusqu’à disparaître dans la maisonnée. La jeune femme sortit une flèche de son carquois, l’encocha et se mit à viser sans bander. L’avancée de ces trois silhouettes lui rappelaient d’autres souvenirs.

- - -

Domaine Lydden, à plusieurs lieux de la route d’or - Guerredi de la deuxième semaine de Velenas en 299

- Mais ce sont de très belles peaux, bien conservées !
- Ecoute gamine, je suis dans le métier depuis un moment. Je sais ce que je fais. Je veux bien te prendre ces trucs mais pas au prix que tu me propose, je ne peux pas me permettre.
- Mais on a besoin de prix là, je ne peux pas descendre plus bas, on est plusieurs et…


Le marchand l’arrêta en levant la main devant son nez. Il avait une moue étrange alors que son autre main venait caresser sa petite moustache.

- Je te l’ai dit, trop cher. Reviens avec un meilleur prix ou mieux à me proposer.


Azalée enrageait intérieurement et elle devinait que, derrière elle, Bruno en était au même point. Ils étaient partis il y a plusieurs semaines et avaient surtout tournés autour du domaine avant de se décider à se rabattre vers la route d’Or, mais même là les marchands étaient rares et ceux qu’ils croisaient refusaient de leur acheter quoi que ce soit. Parce qu’ils ne faisaient pas dans les peaux ou, comme celui-ci, parce qu’ils n’appréciaient pas le prix. La situation devenait absurde et désespéré.

- Qu’est-ce que vous voudriez de mieux ? Des armes ? Des vêtements ?

L’homme, qui semblait jusque là plus qu’ennuyée par la jeune femme, se mit à rire. Un rire mauvais. Puis il approcha très vite et se pencha sur elle jusqu’à ce qu’elle sente son haleine fruitée sans effort.

- Je ne vends pas d’arme et de vêtement mais je suis sûr qu’on peut s’arranger.

Cette fois-ci, elle n’avait pas besoin de regarder ses yeux pour comprendre ce que son ton signifiait. Alors qu’il tendait les mains pour l’attraper, elle se défila en vitesse. Il avança de nouveau mais cette fois Bruno avança aussi, la main sur la paume de son épée. Plus loin, un des gardes qui escortaient le marchand s’avança à son tour. L’homme s’arrêta aussitôt pour peser la situation. Azalée avait passé la main dans son dos pour attraper une des flèches de son carquois, il lui était impossible de bander son arc d’aussi près. Finalement, le marchand recula d’un pas.

- C’est bon ma mignonne, tu peux rappeler ton chien. Dégagez avant que je ne m’énerve vraiment.

Les joues rouges et les lèvres pincées jusqu’à être blanches, Azalée dû attendre que l’ancien soldat vienne lui secouer l’épaule pour qu’ils s’éloignent. Ils retournèrent à leur petit campement, la rage au corps et toujours affamé. Hostedior vit tout de suite à leurs mines que ça ne s’était pas bien passé et son regard se fit d’autant plus dur pendant qu’ils racontaient toute l’histoire.

- Il t’a touché ?
- Non, Bruno était là de toute façon.


Elle avait aboyé sa réponse, et s’en voulut aussitôt, mais ils étaient tous sous pression et elle n’aimait pas répéter tout ça. La jeune femme détourna le regard pendant que le vieil homme soupirait. Le petit groupe était disposé en cercle autour d’un petit feu de camp, un sixième membre les avait rejoint. Un homme plus âgé, Toma, qui n’avait pas dit d’où il venait mais dont Azalée soupçonnait qu’il soit un déserteur. En tout cas, il leur avait offert des les aider en échange de nourriture quand eux en auraient, et il semblait gentil, alors ils n’en parlaient pas.

- Je ne sais plus quoi faire. Il nous faut de la nourriture, de l’or, n’importe quoi, et vite.
- On arrive pas à vendre quoi que ce soit, Hostedior. On aura rien.
- A moins que… Toma et moi avons discuté.


La voix du forgeron, d’ordinaire si forte et imposante, se fit de plus en plus basse à mesure qu’il évoquait l’idée qui lui était passé par la tête. Au début, chacun avait une mine horrifié y compris Azalée. Mais les arguments du vieil homme faisaient mouche à chaque coup : ils avaient besoin de cela. Ce n’était pas uniquement pour eux mais aussi pour leur village. Cela faisait longtemps qu’ils étaient partis à présent, cela devenait une question de vie ou de mort. Alors, après une heure passée à tergiverser, à négocier plus avec leur conscience qu’avec les autres, ils partirent pour leur position.

Azalée avait choisi un vieil arbre planté au bord de la route, dont la frondaison sombre et dense dissimulait parfaitement sa silhouette fine. Assise entre les branches depuis maintenant une heure, elle commençait à sentir son corps s’endolorir mais résistait à la tentation de bouger. Sa flèche était déjà encochée, l’arc pas encore tendu mais prêt à l’être. Si tout se passait bien, elle n’aurait jamais besoin de tirer, mais quelque chose en elle lui disait que rien n’allait bien se passer. Ce qu’ils s’apprêtaient à faire était malhonnête, un acte que le seigneur local ne leur pardonnerait pas, que les dieux ne leurs pardonneraient pas mais ils devaient le faire. C’était faire le mal pour de bonnes raisons et cette idée lui retournait l’estomac. Elle savait qu’elle n’était pas seule, qu’aucun de ses camarades n’appréciaient ce qu’ils allaient faire mais ils savaient tous que le choix leur avait été retiré il y a de cela bien longtemps.

Enfin, la caravane apparut au tournant et approcha lentement de leur position. Azalée attendit qu’ils la dépassent, mais observa attentivement la petit compagnie. Le marchand était installé à l’avant et deux protecteurs encadraient le chargement. Le cheval de trait était imposant, mais la jeune femme savait la bête paisible. Elle ne poserait pas problème. Tout se déroula en silence pour elle, l’esprit trop focalisé sur ce qu’elle avait à faire. Hostedior et Toma sortirent des buissons et barrèrent le chemin. Le vieux forgeon avait dans la main une épée grossière, plutôt un énorme morceau de métal un peu aiguisé. Toma avait une lance de meilleure facture et il la tenait comme un soldat, empêchant un des hommes armés d’avancer. L’autre dégaina sa petite épée et fit un pas vers Hostedior, c’est à ce moment qu’elle banda son arc et tira sans viser. La flèche se planta à deux pieds devant lui et l’arrêta aussitôt.

De sa position, elle voyait les lèvres d’Hostedior bouger, puis celle de Toma. Elle ne pouvait pas voir celles du marchand ou des soldats, mais aux quelques éclats de voix qu’elle entendit, cela ne se passait pas comme ils le voulaient. Lentement, elle sortit une autre flèche et l’encocha. Elle se mit à viser, cela n’avait rien de différent d’avec les lapins ou les cerfs. Le soldat tenue en joue par Toma repoussa brusquement la lance et se jeta vers l’avant, tout en dégainant. C’était trop tard pour réfléchir. Azalée ajusta sa position et relâcha sa flèche.

- - -

Domaine Brax, village abandonné - Aïeuldi de la première semaine de Maegoron en l’an 299

Cette première fois avait tourné à la catastrophe, personne n’avait été blessé mais le marchand avait perdu ses deux protecteurs ce jour-là. Il avait finit par accepter de leur donner de l’or et de la nourriture, et ils en prirent plus qu’ils n’en voulaient. Ce serait un moyen de rembourser le village pour l’attente. Mais après s’être rassasie et avoir acheté de quoi rentrer, ils avaient pris conscience que ce n’était pas encore assez. Alors, ils s’étaient embusqués ailleurs.

Avec le temps, c’était devenu plus facile. Le plus souvent, ils n’avaient pas besoin de frapper ou de tirer sur qui que ce soit, les flèches se plantaient dans les véhicules, à quelques centimètres du cocher, on dégainait les épées. Le plus souvent, il n’y avait pas de victime. Au bout de seulement deux semaines, ils avaient accumulés un peu d’or mais surtout de la nourriture pour que le village tienne encore quelque peu. Au cours de ces deux semaines, la jeune femme comme ses collègues avait progressivement perdu la boule au ventre qu’elle avait eu la première fois. Elle n’était toujours pas fière de ce qu’elle faisait, pas plus qu’elle ne se pardonnait, mais elle se persuadait que c’était pour le bien de tous.

C’était facile en plus, un peu comme la chasse. Il fallait se poster au bon endroit et prévoir le comportement de la proie. Là, le souci c’était que les proies variaient beaucoup et qu’entre la gueuse désarmée et le vieux chevalier en armure, le comportement serait pas le même. Mais c’était comme la différence entre un marcassin et un sanglier : il suffisait d’apprendre. Azalée apprenait très vite.

Ce soir-là, ils étaient maintenant sûr que ce n’était pas pour leur village. L’endroit avait été déserté depuis leur départ, les rares survivants incapables de subsister seuls, ils s’étaient sans doute rendu près du château, où des terres cultivables devaient devenir disponible une fois les traces du siège dissipée. Mais eux, ils ne savaient pas quoi faire, alors ils avaient simplement passé la nuit ici, en attendant de décider au lendemain. Et voilà que jusqu’ici on venait les embêter.

Azalée avait les trois hommes dans sa ligne de mire tandis qu’ils avançaient dans le village. Ils se comportaient comme si les lieux leur appartenaient déjà, plaisantant à voix haute et grave, leurs mains bien loin de la poignée de leurs épée. Hostedior sorti de la maison quand ils arrivèrent au centre, il avait déjà son arme à la main et les trois hommes s’arrêtèrent aussitôt. L’un d’entre eux posa la main sur son arme. La jeune femme banda son arc.

- Oh, du calme compagnons. Qu’est-ce qui vous amène ici ?

Les trois individus se regardèrent, puis rirent ensembles.

- On regarde juste, grand-père. Paraît qu’c’t’endroit était abandonné, j’vois qu’on m’a pas bien renseigné. On v’nait voir si restait que’que chose.

L’homme au centre s’avança, les bras bien ouverts sans faire de geste brusque.

- Il y a plus rien ici. Les gens ont déguerpis.
- J’vois ça, j’vois ça. Et toi grand-père, qu’est-ce que tu fais ici ?
- Je passe juste la nuit. Il y a plein de place, si vous voulez.
- Qu’on veut bien, mais dis-nous grand-père. Où qu’t’as trouvé c’te truc ?


Il désignait la grossière épée du vieil homme et aussitôt Azalée sentit l’ambiance changer. L’homme avait posé la main sur la poignée de son épée, et les deux autres se firent nerveux. Elle attendit.

- C’est moi qui l’ai fait. Je suis forgeron.
- Ah, et j’imagine qu’y reste plus rien pour en faire d’autre ?
- La forge d’ici est vide.
- Hin hin. Tu devrais nous donner ça, grand-père. Tu pourrais te blesser.


Il avança encore d’un pas et la flèche se planta à ses pieds. Les choses dégénèrent à ce moment. Un des deux hommes en retrait détacha de sa ceinture une petite hache, du genre qu’on lance et se mit à viser le toit. Toma et un des deux gamins sortirent en trombe de la maison adjacente, Toma avec sa lance et le gosse avec une hache de bûcheron. Il se retourna pour leur tirer dessus mais manqua sa cible, puis la hache de bûcheron se planta violemment dans son torse.

L’homme devant Hostedior tenta de dégainer à son tour mais le forgeron fut plus rapide, l’arme déjà sortie. Azalée entendit juste un gargouillis, pendant qu’elle tournait sa flèche vers le dernier homme. Il avait les mains en l’air, l’épée jetée au sol.

- Woh ! Du calme, siouplait ! J’suis pas avec eux. Moi j’servais Lord Corbray, pas les Brax.

Il avait en effet cet accent qu’Azalée avait déjà entendu il y a des mois.

- Qu’est-ce que tu faisais avec eux alors ? Questionna Toma.
- J’ai déserté avec un autre groupe de brave compagnons, mais les gars du lord Brax nous sont tombés dessus, y a que’que jours. Pis j’ai croisé ces deux-là hier, juré !


Il était près de pisser son froc, mais il n’avait pas l’air de mentir non plus. C’était le seul des trois à avoir cet accent. Hostedior lui jeta un coup d’oeil, elle opina doucement du chef.

- - -

Domaine Brax, village abandonné - Guerredi de la première semaine de Maegoron en l’an 299

C’est comme ça que Lyn avait rejoint leur petite compagnie, portant leur nombre à six. C’était toujours peu, mais ça commençait à faire du monde expérimenté. Ils dépouillèrent les corps de leurs bottes et de leurs cuirasses, puis emportèrent les armes, mieux forgées que les haches des gosses et l’épée d’Hostedior. Comme ils avaient le temps, ils les enterrèrent aussi à la périphérie du village. Puis, il fut temps de partir.

Lyn n’avait pas caché sa surprise quand il avait vu que l’archer d’hier soir était une “foutue gonzesse” mais il n’avait pas fait de commentaire depuis. En fait, il conversait avec elle de façon très naturelle pour quelqu’un qu’ils encadraient de très près.

- Ce qu’il vous faut, c’est des chevaux. Là comme ça, on a aucune chance si les troupes d’un sire nous tombent dessus, lui disait-il. On peut s’en procurer facilement en se postant près des auberges, on pourra même trouver quelqu’un pour nous “aider” à sélectionner les bons, vous en pensez quoi ?

Les hommes se jetèrent tous un coup d’oeil, et la jeune femme fit de même. Quelques semaines plus tôt, l’idée leur aurait parue irréelle mais à présent, il semblait bien que ce soit la seule voix qu’ils pouvaient suivre. Ils étaient bon à ça, leur petit ramassis de rejetés, de déserteurs et d’âmes perdues. S’ils continuaient comme ça, ils pourraient trouver de quoi s’installer confortablement, et vivre en paix à nouveau. Et puis, s’ils se débrouillaient bien, il n’y aurait presque pas de victime.



Inventaire

- Un Grand Arc de chasse, hérité de son père
- Un carquois
- Une réserve de plume
- Une tenue couleurs forêts

Compagnons

- Hostedior, mentor, ancien forgeron et chef officieux de leur petite bande
- Bruno, ancien tavernier
- Toma, déserteur de l’armée de l’Ouest
- Lyn, déserteur de l’armée Corbray
- Deux adolescents de son village natal



Personnalité

Azalée a toujours été réputée pour son esprit vif, elle apprends vite et retient longtemps. Bien sûr, elle n’a jamais appris ni à lire, ni à écrire, mais elle connaît la forêt de l’Ouest comme personne et s’y déplace comme chez elle. Elle sait pister tous les animaux qui y vivent et tuer la plupart d’entre eux. Elle connaît leur comportement et leur façon de vivre. Pour les humains, en revanche, l’affaire est différente. Elle se montre le plus souvent très affable vis à vis de ceux qu’elle rencontre, jusqu’à ce qu’ils lui causent du tort en tout cas, mais elle analyse toujours mal leurs intentions. C’est pourquoi, elle laisse le plus souvent la tâche de discuter à d’autre. Chose que l’on peut trouver bien dommage car avec sa trogne innocente et son sourire, elle pourrait calmer plus d’un débat.

Élevée dans l’idée d’hériter du rôle de son père, dans un petit village où tout le monde se connaît, elle a un esprit très communautaire. Privée progressivement de sa famille, elle a finit par considérer les amis qu’il lui restait comme sa nouvelle famille et tout ce qu’elle accomplit, elle le fait avant tout pour eux. C’est l’état d’esprit dominant dans leur petit groupe soudé. Ils sont conscients que ce qu’ils font est mal, mais les circonstances ne leur ont laissé que guère le choix.

Confiante en ses capacités, la jeune femme est persuadée que les choses finiront par s’arranger s’ils font de leurs mieux et améliorent progressivement leur situation. C’est un sentiment partagé par les plus jeunes du groupe mais moins par les adultes, beaucoup plus pessimistes. Malgré les actes auxquels ils sont forcés, Azalée tente toujours de faire progresser les choses en douceur, mais elle ne montrera aucune hésitation si un danger menace sa famille. Isolée progressivement du reste du monde, laissée à l’abandon, elle a finit par mettre la vie des siens au-dessus de ceux qu’ils rencontrent. De fait, elle et les autres ont abandonnés depuis un moment tout respect pour le lien de féodalité qui les relient à leur Lord. Leur esprit, c’est seuls contre tous.

Pour autant, ils essayent de s’imposer un semblant de code d’honneur, encouragés surtout par Hostedior et Azalée, notamment en n’attaquant jamais les plus démunis. Cependant, ce n’est jamais une distinction facile à faire. De nature plutôt discrète et silencieuse, les évènements obligent la jeune femme à se montrer de plus en plus indépendante et à faire entendre son avis dans un groupe un peu perdu qui se cherche encore un mode de vie.



Physique

De loin, elle ne paye pas de mine. Petite et maigre, la jeune femme ne donne pas l’impression de représenter la moindre menace. Pire encore, de près sa frimousse à peine sortie de l’adolescence, ses longs cheveux roux et son sourire pourrait laisser à penser la même chose. Ce serait faire une grave erreur que de la sous-estimer bêtement cependant. Sa petite taille, un mètre 57, lui sert beaucoup à se déplacer en forêt en silence et à grimper aux arbres comme un écureuil. Entraînée à ça depuis longtemps, elle est souple et agile, capable de passer d’une branche à l’autre sans provoquer le moindre son. Un examen plus approfondi révélerait que ses jambes autant que ses bras sont discrètement musclés. Elle est capable de maintenir une position fixe pendant de longues heures sans ressentir de gênes, de bander son arc en un éclair sans trop forcer. C’est une chasseuse accomplie.

Au village, on pensait d’elle un bon parti si ce n’était sa petite taille et le tour de ses hanches. Sa silhouette menue n’est en effet pas idéale pour porter les enfants, mais l’on pensait aussi que son entraînement lui permettrait de mieux supporter la grossesse. C’est qu’en plus de ça, comme on le lui a beaucoup répété, elle n’était pas laide. Le visage délicat, à peine sortie de l’adolescence, encore innocent. Des grands yeux bleu qui attirent facilement le regard. Et bien sûr des cheveux roux à la réputation sulfureuse. L’on peut ajouter à cela une poitrine respectable et elle ferait en effet une bonne femme pour n’importe quel homme du village. C’est cependant une part d’elle qu’elle n’a jamais mis en valeur, préférant mille fois le frisson de la chasse aux galipettes des adolescents.

Aujourd’hui, plus que jamais, Azalée s’habille utile avant toute chose. Pantalon et veste aux couleurs vertes et brunes pour se fondre dans le paysage des forêts de l’Ouest, l’arc toujours accroché dans son dos, de même que son carquois. Il n’y a que sa petite taille et les détails de sa silhouette pour reconnaître une jeune femme sous les traits d’un bandit quelconque. Ses traits se sont aussi un peu durcis, fatigués par la guerre et les extrémités auxquelles elle a été forcée par le destin.



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Dernière édition par Azalée le 22.06.16 13:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Azalée 22.06.16 10:22

Bienvenue sur GoT Chronicles

Dans la première partie de l’histoire, tu nommes le fils du forgeron Janos et ensuite Jonas. J’imagine qu’il s’agit de la même personne, mais du coup, se serait mieux de corriger. Petite erreur aussi avec le prénom Hostedior/Hestedior.

A part ça tout est bon et sympa à lire en plus malgré la longueur, tu ne seras donc pas fouettée et validée dès que les mini corrections auront été apportées.









   
   
   
 

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MessageSujet: Re: Azalée 22.06.16 14:01

Merci Ashara !

Normalement, les corrections ont été faites, il ne devrait plus y avoir de changement de nom au milieu des paragraphes ^^
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MessageSujet: Re: Azalée 22.06.16 18:31

Félicitation, tu es VALIDÉE !

N'oublie pas de recenser ton avatar, tu pourras ensuite faire tes fiches de liens, RP, possessions, générer ta feuille perso et terminer de remplir ton profil avec les liens de tes fiches et bien sur commencer à jouer, à t’intégrer et t’amuser !

Un petit passage vers ce sondage serait apprécié.

Tu as à présent accès à la section secrète concernant ta région.

Quelques conseils de lecture :



       
       
       
     


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